Gabon: Bilie By Nze interpellé par le B2 pour une affaire de 5 millions datant de 18 ans, du temps d’Omar Bongo  ?

Le Président de EPG, ancien ministre d’Ali Bongo passera la nuit B2  ©Dépêches 241

Libreville, le 15 avril 2026 – (Dépêches 241). Il l’avait prédit. Ce mercredi 15 avril 2026, en fin d’après-midi, Alain-Claude Bilie-By-Nze, opposant au régime d’Oligui Nguéma, a été interpellé devant son domicile par les éléments du B2, le service de renseignement militaire. La raison, une créance de cinq millions de francs CFA liée à la 9ᵉ édition de la Fête des cultures, organisée en 2008. Un litige civil, âgé de dix-huit ans, que le pouvoir aurait choisi de ressusciter sans convocation, sans plainte préalable déposée en bonne et due forme, et sans passer par les voies judiciaires ordinaires. L’opposant devrait passer la nuit derrière les barreaux.

Le dossier évoqué par les enquêteurs du B2 remonte à l’ère de feu El Hadji Omar Bongo Ondimba. En 2008, Alain-Claude Bilie-By-Nze présidait le comité d’organisation de la Fête des cultures tout en exerçant les fonctions de ministre délégué aux Transports et à l’Aviation civile. Une prestataire, identifiée par ses seules initiales B.R., affirme n’avoir jamais été réglée pour une prestation réalisée à l’occasion de cette manifestation. La somme en jeu, cinq millions de francs CFA. Dix-huit ans de silence. Puis, un mercredi d’avril 2026, les hommes du renseignement militaire se présentent à la porte de l’opposant.

L’entourage de Bilie-By-Nze conteste fermement la responsabilité personnelle de leur mandant. Selon eux, le donneur d’ordre de la Fête des cultures était le ministère de la Culture, opérant via un Bureau national alors piloté sous l’autorité du vice-Premier ministre Paul Mba Abessole. « C’est le Trésor public qui traînait à payer. Lui a simplement signé en sa qualité de président du comité », plaide un proche nous l’apprend Gabon Review. Si la plaignante a un créancier, il porte, selon eux, le sceau de l’État, pas celui d’un homme.

Ce qui frappe les observateurs, au-delà du fond de l’affaire, c’est la méthode. Alain-Claude Bilie-By-Nze n’aurait reçu aucune convocation préalable. Aucune plainte formelle n’aurait été déposée devant une juridiction à laquelle il aurait refusé de déférer. Le B2 — service de renseignement militaire, non une brigade de police judiciaire, aurait directement procédé à son interpellation, à la sortie de son domicile, en fin de journée. Pour un litige portant sur cinq millions de francs CFA et relevant, par nature, du droit civil, la mobilisation de l’appareil sécuritaire pose une question fondamentale : pourquoi cette voie-là, et non la citation à comparaître, la convocation d’un officier de police judiciaire, ou même une simple mise en demeure ?

L’inquiétude est d’autant plus vive que ce type d’interpellation hors procédure établit un précédent alarmant. Dans un État de droit, une dette commerciale, si elle est avérée, se règle devant les juridictions civiles ou commerciales compétentes. Elle ne justifie ni l’arrestation nocturne, ni le recours aux services de renseignement militaires. 

Bilie-By-Nze devrait passer la nuit au B2, selon des sources concordantes. Cette perspective n’est pas anodine. Ces dernières semaines, l’ancien Premier ministre avait multiplié les interventions sur des plateaux de télévisions internationales pour dénoncer publiquement des pressions quotidiennes exercées contre lui en raison de son opposition déclarée au régime de la transition. Il avait lui-même évoqué la probabilité de son arrestation. Ce Mercredi 15 avril, la probabilité est devenue réalité.

Nous y reviendrons… 

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