Gabon : « Certains espéraient davantage ma chute que la réussite des Panthères », l’entretien intégral de Thierry Mouyouma 

L’ancien sélectionneur des Panthères revient sans détour des derniers mois en tête de l’équipe nationale à travers cet entretien exclusif

Libreville, le 5 Juin 2026 -(Dépêches 24) Plusieurs mois après une CAN cauchemardesque conclue par trois défaites et une élimination précoce, l’ancien sélectionneur des Panthères du Gabon a choisi de rebondir à Mangasport, institution historique du football gabonais. Depuis son arrivée, le club revit et enchaîne les succès. Dans cet entretien accordé à Dépêches 241, Thierry Mouyouma revient sans détour sur son éviction, les tensions internes autour de la sélection, l’affaire Gaboma, le rôle joué selon lui par certains acteurs politiques en coulisses et les fractures profondes du football gabonais. Entre lucidité, amertume et détermination, l’ancien patron des Panthères livre sa vérité.

Dépêches 241 : Thierry Mouyouma, merci de nous accorder cet entretien. On vous retrouve aujourd’hui apaisé, presque serein malgré les turbulences traversées ces derniers mois. Comment allez-vous sincèrement ?

Thierry Mouyouma : Je vais bien. J’ai pris le temps de me reconstruire humainement. J’ai retrouvé les miens, repris le sport, travaillé avec les jeunes de mon académie, voyagé pour voir mes enfants en Europe. Cela m’a permis de me recentrer.

Et puis, en tant que psychologue du sport, j’avais déjà perçu certains signaux avant-coureurs. Je savais que des turbulences se préparaient autour de l’équipe nationale. Donc mentalement, j’avais commencé à me préparer à encaisser ce choc.

Dépêches 241 : Le football vous a-t-il manqué durant cette période ?

Thierry Mouyouma : Le terrain ne m’a jamais quitté. Je continuais à jouer avec mon association, à entraîner des jeunes, à réfléchir au football au quotidien. Ce qui m’a surtout manqué, c’est ce projet collectif que nous étions en train de construire avec les Panthères.

Mais cette pause m’a aussi permis de prendre du recul, de passer du temps avec ma famille et de gérer sereinement certains dossiers, notamment celui lié à la rupture de mon contrat.

Dépêches 241 : Depuis votre arrivée à Mangasport, les victoires s’enchaînent. Pourquoi avoir choisi ce club pour rebondir ?

Thierry Mouyouma : Parce que Mangasport représente quelque chose de fort dans l’histoire du football gabonais. C’est un club structuré, avec une culture de stabilité et des ambitions.

J’avais besoin de retrouver le terrain, de transmettre mes idées et de continuer ce travail de fond commencé avec la sélection : développer un football moderne, rigoureux, ambitieux.

Le président Renaud Mbindjou m’a contacté à un moment où le club cherchait une nouvelle dynamique. Nos visions étaient alignées. Aujourd’hui les résultats sont encourageants, mais la reconstruction reste profonde.

Avec plus de 7 victoires acquises sur le terrain et une autre obtenue sur tapis vert, cela aide naturellement à installer des idées de jeu et une dynamique positive. Mais il reste encore beaucoup de travail.

Dépêches 241 : Considérez-vous Mangasport comme une étape ou un projet appelé à durer ?

Thierry Mouyouma : Je fonctionne désormais avec beaucoup de lucidité. À Mangasport, nous avançons étape par étape.

Ce qui m’intéresse avant tout, ce sont les projets où il existe une vision claire, une stabilité et une volonté sincère de construire. Je pense avoir démontré ces dernières années ma capacité à gérer la pression, à fédérer des groupes et à bâtir un projet sportif cohérent à partir de presque rien.

Dépêches 241 : Avez-vous été approché par d’autres clubs ou sélections après votre départ des Panthères ?

Thierry Mouyouma : Oui, il y a eu des sollicitations à l’étranger. Mais je voulais rester proche du terrain gabonais pendant un temps.

Contrairement à ce que certains ont voulu faire croire, mon travail en sélection reste très respecté à l’extérieur. Les résultats obtenus pendant les éliminatoires de la CAN et de la Coupe du monde parlent d’eux-mêmes.

Mangasport représente pour moi un nouveau départ après une éviction que je considère davantage politique que sportive.

« La CAN a été sabotée de l’intérieur »

Dépêches 241 : Avec plusieurs mois de recul, quel regard portez-vous aujourd’hui sur la CAN des Panthères et cet échec qui a surpris plus d’un ?

Thierry Mouyouma : C’est un immense gâchis. Nationalement et humainement.

Ce groupe avait énormément travaillé pour atteindre cette compétition. Les joueurs avaient faim, ils voulaient représenter dignement le pays, certains disputaient peut-être leur dernière CAN. Il existait une vraie ambition.

Mais malheureusement, tout n’était pas réuni pour réussir.

Dépêches 241 : Les conditions de préparation ont-elles pesé sur le résultat final ?

Thierry Mouyouma : Évidemment. Et il faut dire les choses honnêtement.

Pendant les éliminatoires, je n’avais jamais disputé un match sans au moins cinq joueurs majeurs de mon ossature. Or à la CAN, nous avons dû composer avec des blessures, des arrivées tardives et un effectif déjà limité quantitativement.

Mais malgré cela, les joueurs sont restés investis. Ils avaient envie de faire quelque chose de grand pour leur pays. Contrairement à ce qui a parfois été raconté, l’argent n’a jamais été leur moteur principal. Ce sont des joueurs qui gagnent bien leur vie en club. Ils étaient animés par le patriotisme et la volonté d’honorer le Gabon.

Maintenant, il faut aussi être juste : lorsqu’on fait des promesses à des internationaux qui se battent pour leur pays, ces promesses doivent être tenues. Les primes tardaient, certaines situations restaient floues, mais malgré cela, le groupe est resté mobilisé mentalement.

C’est aussi pour cela que cette CAN me laisse autant de regrets. Parce que ce groupe méritait un environnement beaucoup plus sain.

Dépêches 241 : Justement, vous évoquez un climat devenu irrespirable autour de la sélection. Que se passait-il réellement en interne ?

Thierry Mouyouma : L’environnement était devenu exécrable. Invivable même.

Et je vais assumer pleinement ce que je dis aujourd’hui : Paul Kessany, qui était alors conseiller du Président de la République avant de devenir ministre des Sports, a joué un rôle central dans cette détérioration du climat autour de l’équipe nationale.

Des personnes avaient été introduites autour du groupe avec pour mission de remonter des informations issues de nos discussions internes, de nos groupes de travail, parfois même en déformant volontairement les faits. C’étaient de véritables chevaux de Troie.

Leur objectif n’était pas d’aider la sélection. Leur objectif était de provoquer des fractures, d’installer la suspicion et de créer des tensions permanentes.

À un moment, nous passions davantage de temps à gérer des problèmes internes, des méfiances, des conflits souterrains, qu’à préparer sereinement une Coupe d’Afrique des Nations.

Les gens se regardaient en chiens de faïence. Le staff lui-même était devenu un terrain de tensions. Ce n’était plus l’atmosphère d’une sélection qui prépare une grande compétition. C’était un environnement miné de l’intérieur.

Dépêches 241 : Vous estimez donc que cette déstabilisation était organisée ?

Thierry Mouyouma : Oui. Clairement. Et je vais vous raconter un épisode que je n’avais jamais détaillé publiquement.

Quelques jours après ma nomination, Paul Kessany me convoque tard dans la nuit à la Présidence de la République avec un membre de mon staff. Il me fait comprendre que le Chef de l’État et le ministre des Sports de l’époque, Monsieur Augand, souhaitent nous rencontrer.

Évidemment, lorsqu’on reçoit ce type de message, on s’y rend.

Mais en arrivant sur place, je découvre que ni le Président de la République ni le ministre ne sont présents. Il n’y avait que Paul Kessany et deux de ses proches.

Et durant cette réunion, il devient clair qu’il souhaite modifier mon staff technique en y intégrant des membres de son association. J’ai refusé.

Parce que pour moi, une sélection nationale ne doit pas devenir un espace de placements ou de règlements d’intérêts personnels. Je voulais construire un staff sur des critères de compétence et de confiance.

À partir de ce moment-là, j’ai compris que je venais de me créer un ennemi. 

Dépêches 241 : Pensez-vous aujourd’hui que votre éviction était déjà envisagée avant même la CAN ?

Thierry Mouyouma : Avec le recul, oui. Je pense sincèrement que certaines personnes attendaient moins la réussite des Panthères que ma chute personnelle.

Et ce qui m’a profondément choqué, c’est qu’après notre dernier match perdu contre la Côte d’Ivoire, alors que nous étions tous abattus par l’élimination du pays, certains célébraient déjà la suite.

Paul Kessany était dans une logique de victoire personnelle. Des membres de mon entourage technique peuvent témoigner qu’il se réjouissait déjà de mon départ.

Imaginez un instant : un responsable politique censé protéger le football gabonais qui se projette déjà dans l’éviction du sélectionneur alors que le pays vient d’être éliminé.

C’est cela qui m’a le plus blessé. Parce qu’à ce moment-là, je me suis dit que certains combats personnels avaient pris le dessus sur l’intérêt national.

« Mon éviction était planifiée »

Dépêches 241 : Comment avez-vous vécu la dissolution de votre staff après la CAN ?

Thierry Mouyouma : Comme l’aboutissement d’un plan. Je peux comprendre qu’un sélectionneur soit jugé sur des résultats. C’est la loi du football. Mais encore faut-il analyser honnêtement le contexte et le travail accompli avant cela.

Cette équipe s’était qualifiée avant terme à la CAN. Nous étions en bonne position dans les éliminatoires du Mondial. Il existait une progression réelle.

Comment un projet salué pendant des mois devient-il soudainement catastrophique en trois matchs ?

La vérité, c’est qu’il fallait un prétexte. La CAN a servi de prétexte.

Dépêches 241 : Avez-vous reçu des explications officielles de la part des autorités ?

Thierry Mouyouma : Aucune. Seulement des histoires montées ici et là pour salir mon image et justifier une décision qui, selon moi, était déjà prise depuis longtemps.

J’ai vu des journalistes me combattre parce que j’avais refusé certaines pratiques de commissions qui existaient auparavant. J’ai vu un pseudo-agent tenter d’imposer ses exigences autour de la sélection. Et surtout, j’ai vu Paul Kessany transformer un différend personnel en combat politique contre ma personne.

Tout cela parce que j’avais refusé qu’il impose des proches dans mon staff.

Dépêches 241 : Comment la séparation s’est-elle déroulée administrativement ?

Thierry Mouyouma : Là encore, les Gabonais doivent connaître la vérité.

Mon contrat court jusqu’en décembre 2027. Au départ, il était question d’une séparation à l’amiable. C’était la voie la plus logique et la plus digne.

Mais ensuite, le ton a changé brutalement.

Nous avons reçu des menaces à travers un avocat français proche du ministre, Maître Alexis Rutman. Le message était très clair : soit nous acceptions trois mois de salaire pour partir discrètement, soit “ce serait la prison”.

Dépêches 241 : Ce que vous dites est très grave! 

Thierry Mouyouma : Je mesure la gravité de ce que je dis.

À ce moment-là, mon staff et moi-même n’étions déjà plus payés normalement depuis plus d’un an. Nous avions d’abord touché environ 60 % de nos salaires, puis plus rien pendant de longs mois.

Malgré cela, nous avons continué à travailler pour le pays.

Donc oui, à un moment donné, nous serons probablement obligés de défendre nos droits devant les juridictions compétentes et les instances internationales. Parce qu’au-delà du football, il y a aussi une question de dignité et de respect des engagements.

« L’affaire Gaboma a été utilisée pour me salir »

Dépêches 241 : Parlons maintenant de l’affaire Gaboma. Votre nom a été associé à cette société, alimentant des accusations de conflit d’intérêt autour des équipements des Panthères. Que répondez-vous ?

Thierry Mouyouma : D’abord, il faut rétablir les faits avec honnêteté.

La Gasma est une structure que j’ai créée il y a des années dans le domaine du management et du conseil sportif. Par la suite, le capital a été ouvert, une direction autonome a été mise en place et la gestion quotidienne ne relevait plus de moi.

Le problème, c’est qu’après la CAN, certains ont volontairement entretenu une confusion entre le fait d’être actionnaire d’une société et celui d’être gestionnaire opérationnel.

Ce n’est pas la même chose.

Dépêches 241 : Mais comprenez-vous que l’opinion ait pu s’interroger sur votre implication ?

Thierry Mouyouma : Je comprends les interrogations. Ce qui est regrettable, c’est que certains aient immédiatement transformé ces interrogations en accusations sans preuves.

Je n’ai jamais attribué un marché, jamais signé un contrat, jamais participé à une quelconque décision administrative liée à l’équipement de la sélection.

Mon seul rôle a été celui que n’importe quel sélectionneur aurait eu : donner un avis technique sur les tailles, les équipements ou le confort des joueurs.

Le reste relevait exclusivement de la société et des procédures administratives.

Dépêches 241: Mais comment se fait-il que Gasma,  une structure dans laquelle vous avez des intérêts, soit choisie pour ce projet ? Comment cela s’est fait ? 

Thierry Mouyouma : Il est important de rappeler quelques faits souvent passés sous silence dans ce dossier.

La société Gasma (Gabon Sport Management Agency) a été créée en avril 2006 sous le statut d’autoentrepreneur. Au fil de son développement, elle a évolué vers une SASU avec l’ouverture de son capital et la nomination d’un directeur général. Son existence et ses activités sont donc bien antérieures aux événements qui font aujourd’hui l’objet de spéculations.

Concernant le dossier des équipements, il convient également de rétablir la chronologie des faits. En octobre dernier, à la suite des échanges intervenus entre les joueurs, les autorités sportives et différents acteurs du football national autour de la nécessité de doter les sélections nationales d’une marque locale, le choix s’est porté sur Gaboma. Cette marque n’a pas été créée pour les besoins de la circonstance. Elle est un produit de Gasma, qui en détient l’ensemble des droits de propriété intellectuelle et des enregistrements, tant au niveau national qu’international.

Dans ce processus, chacun a joué son rôle. Les joueurs, conscients des enjeux liés à l’image et à la performance, ont apporté leur expertise concernant les tailles, le confort et la qualité des équipements. La Fédération, en sa qualité d’organe technique, a donné son aval à la recherche et à la conception des prototypes destinés aux différentes sélections nationales.

Dépêches 241: Sur le même sujet qu’avez vous à répondre sur les allégations de Romain Molina ? 

Thierry Mouyouma : S’agissant enfin des accusations relayées par le journaliste Romain Molina, elles appellent à la prudence. Je leur accorde personnellement peu de crédit dans la mesure où elles s’appuient davantage sur des affirmations que sur des éléments matériels vérifiables. Six mois après les premières allégations, aucune preuve tangible n’est venue étayer les accusations avancées.

Il est également de notoriété publique que le procès-verbal relatif à la création de l’entreprise aurait été obtenu de manière irrégulière auprès de l’ANPI avant d’être transmis à des tiers puis utilisé pour alimenter une narration visant à susciter la polémique.

Au-delà des opinions de chacun, un principe demeure : les accusations les plus graves exigent des preuves solides. Or, à ce jour, celles-ci n’ont jamais été produites. La crédibilité accordée à certains discours semble parfois davantage reposer sur l’aura médiatique de leur auteur que sur la force des éléments présentés.

Dépêches 241 : Vous estimez donc avoir été ciblé délibérément ?

Thierry Mouyouma : Clairement. Cette affaire est sortie précisément au moment où certains cherchaient un motif pour fragiliser ma position et éviter d’assumer le coût d’une rupture contractuelle.

On a tenté de construire dans l’opinion une image de corruption sans jamais apporter la moindre preuve tangible.

Des mois plus tard, personne n’a démontré l’existence d’un enrichissement illicite, ni d’un transfert d’argent, ni d’une implication directe de ma personne dans la gestion de ce dossier.

Dépêches 241 : Qu’en est-il des enquêtes évoquées à l’époque ?

Thierry Mouyouma : J’ai été entendu dans le cadre d’une collecte de renseignements, comme cela arrive dans beaucoup d’affaires médiatisées.

Mais il faut être précis : je n’ai jamais été arrêté, jamais interdit de sortie du territoire et aucune procédure judiciaire sérieuse n’a établi une quelconque culpabilité.

Je suis allé répondre aux questions sereinement parce que je n’avais rien à cacher.

« Le football gabonais mérite mieux »

Dépêches 241 : Quel regard portez-vous aujourd’hui sur la crise que traverse le football gabonais ?

Thierry Mouyouma : C’est une période préoccupante. Le football gabonais mérite de la stabilité, du dialogue et des dirigeants capables de dépasser leurs rancunes personnelles pour défendre l’intérêt général.

Malheureusement, depuis quelque temps, beaucoup d’énergies sont consacrées aux affrontements internes plutôt qu’au développement du football.

Pendant ce temps, ce sont les joueurs, les clubs et, au final, toute la Nation qui paient le prix de cette gestion approximative. Voilà plus de trois mois que mon staff et moi avons été écartés. Trois mois plus tard, le Gabon n’a toujours pas de sélectionneur national. Un vide qui ne peut plus être justifié par des considérations techniques ou administratives.

Cette situation est révélatrice de la manière dont notre football est aujourd’hui gouverné. Les urgences sportives sont reléguées au second plan tandis que les querelles de personnes, les calculs d’influence et les considérations d’ego dictent le rythme des décisions. Sous la responsabilité du nouveau ministre des Sports, un dossier aussi stratégique que celui du sélectionneur national est laissé en suspens, au détriment de la stabilité et de la préparation de l’équipe nationale.

Le plus préoccupant est que cette paralysie était présentée comme la condition nécessaire à un nouveau départ. Pourtant, plusieurs mois après les changements intervenus, aucune vision claire ne se dégage et aucune décision structurante n’a été prise. Les Panthères avancent sans cap, dans l’attente d’arbitrages qui n’arrivent jamais.

Au regard du temps perdu et des opportunités déjà envolées, une question s’impose : tout cela pour ça ? Le football gabonais méritait mieux que l’immobilisme et les règlements de comptes. Il méritait que l’intérêt national prime enfin sur les intérêts particuliers.

Dépêches 241 : Avec le recul, qu’avez-vous appris de cette expérience en tant qu’homme ?

Thierry Mouyouma : Qu’on peut être applaudi un jour et combattu le lendemain. Mais aussi que les épreuves révèlent les vrais soutiens.

Je ressors de cette période plus fort, plus lucide et profondément en paix avec moi-même. Je reste fier du travail accompli avec cette sélection.

Je regrette simplement que des guerres intestines aient empêché un projet national d’aller jusqu’au bout de ses ambitions.

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