Conseil des ministres : après sa suspension d’EPG, Annie Léa Meye nommée PCA de l’EPCA

L’opposante au régime d’Oligui Nguéma et Pro Bilie-By-Nze a été nommée PCA de l’EPCA en conseil des ministres © Dépêches 241

Libreville, le 26 juin 2026-(Dépêches 241). La nomination d’Annie Léa Meye à la présidence du conseil d’administration de l’École de préparation aux carrières administratives (EPCA), décidée lors du Conseil des ministres qui s’est tenu hier 25 juin au palais rénovation, ne passe pas inaperçue. Cette femme politique s’était illustrée par son engagement aux côtés de Jean Ping lors de l’élection présidentielle de 2016, contestant avec vigueur le pouvoir d’Ali Bongo Ondimba et dénonçant la gouvernance de son régime.

Plus récemment, Annie Léa Meye avait rejoint le camp d’Alain-Claude Bilie-By-Nze durant la campagne référendaire de novembre 2024. Elle avait publiquement appelé les Gabonais à voter « non » au projet de Constitution défendu par le président Brice Clotaire Oligui Nguema, se positionnant ainsi parmi les voix les plus critiques à l’égard des autorités de la Transition.

À peine un an après cette opposition assumée, l’ancienne militante se voit confier la présidence du conseil d’administration de l’EPCA, l’une des deux principales écoles de formation de l’administration gabonaise. Cette désignation illustre l’ouverture affichée par le pouvoir envers certaines personnalités issues de l’opposition, mais elle soulève également des interrogations sur les recompositions politiques en cours et sur les critères ayant présidé à ce choix.

Cette nomination intervient par ailleurs dans un contexte politique particulier. Annie Léa Meye aurait récemment fait l’objet d’une suspension des instances d’Ensemble pour le Gabon (EPG), la formation politique dirigée par Alain-Claude Bilie-By-Nze, considéré comme le principal opposant au président Brice Clotaire Oligui Nguema. 

Cette décision est intervenue alors que le leader d’EPG est actuellement placé en détention dans le cadre d’une affaire remontant à dix-huit ans. Dans ce contexte, la désignation d’Annie Léa Meye à la tête du conseil d’administration de l’EPCA ne manquera pas d’alimenter les interrogations sur les recompositions politiques en cours et les rapports entre le pouvoir et certaines figures de l’opposition.

Cette nomination marque un nouveau tournant dans le paysage politique gabonais. Elle témoigne de la capacité du pouvoir à intégrer d’anciens opposants dans les institutions de l’État, tout en alimentant le débat sur la cohérence des engagements politiques et la redéfinition des alliances depuis la Transition.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*