
Libreville, le 2 juillet 2026-(Dépêches 241). Le 30 août 2023 a marqué un tournant décisif dans l’histoire politique et institutionnelle du Gabon. Après un demi-siècle de règne sans partage d’une même famille, le peuple y voyait un renouveau démocratique avec l’arrivée au pouvoir des militaires. Seulement, moins de trois ans après, la bascule est trop rapide : journalistes arrêtés, syndicalistes et opposants politiques emprisonnés, réseaux sociaux suspendus, le climat répressif qui s’installe au Gabon inquiète désormais au-delà des seules frontières du pays.
Les espoirs du renouveau démocratique suscités par l’arrivée au pouvoir de Brice Clotaire Oligui Nguema s’érodent chaque jour un peu plus. Dans un récent article, l’Agence Française de Presse (AFP) dresse un tableau particulièrement sombre du contrat démocratique au Gabon. Entre les activistes menacés, les journalistes et syndicalistes arrêtés, les opposants politiques jetés en prison, l’agence internationale s’inquiète du climat de répression qui est en train de prospérer, notamment avec l’arrivée des nouvelles autorités.
Instauration progressive d’un climat de peur et d’autocensure
Le climat répressif actuellement à l’œuvre au Gabon détruit incontestablement le tissu social. Par crainte de ce qui arrive à plusieurs voix critiques, les citoyens renoncent désormais à s’exprimer librement sur plusieurs sujets. Interrogé par nos confrères de Gabon Media Time sur la grève qui avait paralysé le secteur de l’éducation en janvier dernier, un citoyen gabonais lançait ce qui suit: « Mon frère votre pays là devient trop bizarre. Vous interrogez les gens, quand on parle on vient nous arrêter ». Des propos symptomatiques du climat de peur présent dans le pays depuis l’arrivée des nouvelles autorités.
Les voix critiques désormais bâillonnées ?
Au Gabon, le nouveau pouvoir ne cache plus son hostilité vis-à-vis des voix particulièrement critiques. Dans leur démarche, qui semble vouloir réduire au silence les voix qui dérangent, les nouvelles autorités explorent tous les moyens possibles, y compris la fermeture ou la suppression des comptes sur les réseaux sociaux.
En novembre 2025, la militante des droits humains et activiste Nelly Ngabima, plus connue sous le pseudonyme « Princesse de Souba » a vu plusieurs de ses comptes sur les réseaux sociaux être suspendus. Quelques jours plus, c’était au tour d’Alain-Claude Bilie-by-Nze, ancien premier ministre et opposant à Oligui Nguema, de voir sa page Facebook suspendue.
Ne s’arrêtant seulement aux activistes et opposants politiques, le nouveau pouvoir s’en prend également aux journalistes et syndicalistes. Le Directeur de publication du journal Gabon Media Time (GMT), celui de Gabon Mail Infos (GMI) ont été tous deux arrêtés, gardés à vue dans des conditions peu orthodoxes. Deux figures du syndicalisme de l’éducation nationale, Marcel Libama et Simon Ndong Edzo, ont à leur tour connu la brutalité d’une arrestation arbitraire, puis ont été jetés en prison pendant quelques jours.







