Vente d’eau par les camions-citernes: quand les opérateurs privés crachent sur la mercuriale des prix arrêtée par le gouvernement

Malgré une rencontre avec le président de la République, les vendeurs d’eau du secteur privé n’ont que faire de la mercuriale des prix arrêtés par le gouvernement © Dépêches 241

Libreville, le 9 Juillet 2026-(Dépêches 241). Le 1er juillet dernier, le gouvernement gabonais décrétait l’état d’urgence hydrique. Dans la foulée, il annonçait l’interdiction pour des tiers de commercialiser de l’eau potable via des camions-citernes, avant de se raviser 24 heures plus tard, et d’arrêter avec les opérateurs privés, ce de manière consensuelle, les tarifs qui seront pratiqués dans ce secteur d’activité. Seulement, à ce jour, une vague de plaintes revient avec insistance: les opérateurs privés se moquent royalement de la nouvelle mercuriale et continuent de pratiquer les anciens prix, selon de nombreux témoignages.

Au lendemain de sa décision d’interdire la vente d’eau potable par des tiers, le gouvernement gabonais avait fait volte-face, en allant notamment rencontrer les opérateurs économiques de ce secteur important, et d’arrêter avec eux la nouvelle grille tarifaire à appliquer dans les prochains jours. Aussi, après leurs échanges, la décision avait-elle été arrêtée de revoir considérablement à la baisse les anciens prix. Désormais, la cuve de 1000 litres sera vendue à 4 000 FCFA, celle de 500 litres coûtera 2 000 FCFA, celle de 200 litres sera fixée à 800 FCFA, tandis que les 100 litres seront commercialisés à 400 FCFA, telles étaient les résolutions prises. 

Une décision foulée au pied par les opérateurs privés ?

Quelques jours seulement après cette décision, les populations gabonaises seraient confrontées à un refus des acteurs de ce secteur de s’y conformer. Selon de nombreux témoignages faits sur les réseaux sociaux, les opérateurs privés exerçant dans ce domaine s’obstineraient à pratiquer les anciens prix, au mépris des instructions gouvernementales. « Quand vous appelez pour être livré, ils vous disent si c’est pour 4000f nous on ne vient pas », a d’abord écrit sous une publication un internaute.

Toujours dans le registre du non-respect de cette décision gouvernementale, d’autres compatriotes se montrent beaucoup plus dépités et résignés. « Certains diront que les populations ne sont pas obligées de payer au montant de 10.000 f. Mais quand vous avez déjà fait 2 jours sans aucune goûtte d’eau, et que les pouvoirs publics n’assument pas leurs engagements. Est-ce qu’on a vraiment le choix ? », s’est interrogé, visiblement agacé, un autre internaute. 

Le gouvernement accusé de faire davantage de la communication plutôt que de veiller au respect strict de sa décision 

Dans ce dossier, le gouvernement de la république est désormais accusé par beaucoup de faire plus de communication, plutôt qu’à essayer de faire respecter une mesure pourtant saluée par les populations. « Un gouvernement qui passe son temps à enfumer la population », a écrit une jeune fille, en colère. « Le gouvernement a plus misé dans le tapage médiatique que dans la recherche des solutions pour que les tarifs soient respectés (…) tout dans le folklore, rien dans la pratique », déplore un autre internaute. 

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