Île Mbanié : un accord de médiation africaine attendu « dans les prochaines semaines »

Vers un règlement négocié entre Libreville et Malabo dans le conflit frontalier de l’île Mbanié © Dépêches 241

Libreville, le 9 Juillet 2026 – (Dépêches 241). Un accord encadrant la médiation de l’Union africaine dans le différend Gabon-Guinée équatoriale pourrait être signé dans les prochaines semaines. Reçu jeudi par Oligui Nguema, l’envoyé spécial de l’UA Albert Shingiro a confirmé la fin des négociations techniques. Ce texte doit ouvrir la voie à l’application de l’arrêt de la Cour internationale de justice sur l’île Mbanié.

L’audience du 9 juillet a permis de dresser le bilan des discussions menées sous l’égide de l’Union africaine. Albert Shingiro, envoyé spécial de la Commission, a confirmé à Oligui Nguema que les négociations techniques autour du texte étaient désormais closes. Ce document fixera le cadre général de la médiation, sans trancher lui-même le contentieux territorial. Il devrait être signé dans les prochaines semaines par les ministres des Affaires étrangères du Gabon et de la Guinée équatoriale. Sa signature marquera le lancement effectif du mécanisme conjoint chargé de mettre en œuvre la décision de la Cour internationale de justice. La présidence gabonaise a salué une volonté commune de privilégier la concertation et le dialogue.

Un accord, pas une frontière, ce que dit vraiment l’arrêt de la CIJ

Le dossier porte à la fois sur les frontières terrestres et maritimes des deux pays et sur la souveraineté des îlots Mbanié, Conga et Cocotiers. Contrairement à une idée répandue, la CIJ n’a tracé aucune frontière et n’a attribué aucun territoire. Son arrêt s’est limité à examiner la validité des titres juridiques invoqués par le Gabon et la Guinée équatoriale. La juridiction internationale renvoie donc les deux États à la négociation pour traduire concrètement ses conclusions sur le terrain. C’est précisément ce vide opérationnel que l’accord de médiation doit combler. Libreville et Malabo devront désormais discuter du tracé, sous la supervision technique et politique de l’Union africaine.

Une application prudente, pas mécanique

Plusieurs observateurs redoutent qu’une application strictement mécanique de l’arrêt ne se heurte aux réalités territoriales actuelles. C’est pourquoi les deux capitales ont choisi une méthode progressive, négociée étape par étape plutôt qu’imposée d’un bloc. Lors de l’audience, Oligui Nguema a réitéré « l’attachement du Gabon aux valeurs de paix, de stabilité et d’intégration régionale ». Il a salué l’engagement constant de l’Union africaine en faveur de la préservation de la paix entre États membres. 

Pour Libreville, une issue négociée dépasse le seul cadre bilatéral, elle conditionne la sécurité, la coopération économique et l’attractivité du Golfe de Guinée pour les investisseurs. Le chef de l’État a réaffirmé sa disponibilité à poursuivre le processus avec responsabilité, dans le respect des engagements internationaux du Gabon.

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