
Libreville, le 25 août 2026-(Dépêches 241) Les forces de police judiciaire ont finalement mis fin à la cavale de l’homme d’affaires chinois, Zhang Guo Hua. Le présumé truand, selon les informations relayées par nos confrères de Gabonreview, aurait échappé à la justice gabonaise depuis un an, jusqu’à ce 21 août, où il a été pris dans les filets de la PJ. Activement recherché, après qu’un mandat d’arrêt international a été émis contre lui par les autorités judiciaires, l’homme aurait secrètement continué ses activités illicites sans être inquiété. Une situation qui, au-delà de toute vraisemblance, interroge et semble témoigner d’un système savamment huilé, et dont l’exécution ne saurait être le fait d’un seul individu.
L’arrestation de l’homme d’affaires chinois, Zhang Guo Hua, intervient alors qu’il échappait à la justice depuis un an déjà nonobstant la délivrance d’un mandat d’arrêt international. Connu des services judiciaires gabonais pour avoir séjourné à la prison centrale de Libreville, l’homme avait trouvé le moyen de sortir du milieu carcéral en simulant de graves problèmes de santé. Il lui serait reproché plusieurs faits particulièrement graves. Ainsi, selon les éléments d’enquête, le Chinois se serait spécialisé dans plusieurs domaines illicites notamment, dans les enlèvements prémédités, les escroqueries de toutes sortes et les extorsions de fonds estimées à plusieurs milliards de francs CFA.
L’indélicat aurait mis en place tout un système digne d’un film hollywoodien de science-fiction, grâce auquel il aurait réussi à appâter ses proies. Cela allait de la mise en place de casinos problématiques servant de pare-feu pour rendre légal ses montages financiers, et ainsi échapper à la vigilance de ses victimes ainsi qu’à celle des autorités. Certains éléments d’enquête montrent que la sophistication de son système était tel qu’il lui permettait de capter d’énormes capitaux auprès des personnes qui croyaient à l’existence de ses sociétés, alors qu’elles étaient le plus souvent fictives et n’existaient que sur le papier.
Selon les mêmes sources, Zhang Guo Hua, ne serait pas à sa première arrestation. Il aurait déjà été incarcéré à la prison centrale de Libreville jusqu’en octobre 2024, où il n’avait séjourné que pendant deux mois. À l’issue de ce court séjour carcéral, l’intéressé avait été libéré provisoirement pour raisons de santé. Seulement, à la suite des enquêtes qui ont mené à cette nouvelle arrestation, il se trouve que les éléments de santé évoqués ayant justifié sa libération provisoire étaient tous faux. Il s’agissait vraisemblablement d’un subterfuge, une simulation de maladie montée de toute pièce, mais qui lui aurait permis de recouvrer provisoirement la liberté.
Le plus ahurissant encore, malgré le fait que le présumé malfrat chinois avait obtenu sa liberté provisoire dans des conditions particulièrement troubles, il n’a pas renoncé à ses habitudes ignobles. Il aurait, pendant ce temps, selon Gabon Review, commandité, en septembre 2025, l’enlèvement d’un compatriote. Un an après, et malgré le mandat d’arrêt international émis contre lui depuis douze mois, le Zhang Guo Hua circulait en toute liberté. Une situation qui interroge sur les possibles protections dont il aurait bénéficié durant cette période. Seules les enquêtes et, probablement, les interrogatoires permettront d’y répondre.
Le plus choquant, et visiblement le point central que révèle l’enquête des enquêteurs, au-delà des enlèvements, ce sont les escroqueries financières qui ont été mises au jour. Selon l’enquête, il aurait fait trois victimes, elles aussi ressortissantes chinoises, à savoir Zhang Wu Xing, Xu Jian Hua et Zhang Wan Li, lesquelles auraient perdu plusieurs milliards de francs CFA dans cette affaire. La méthode employée par Zhang Guo Hua consistait à présenter de faux projets d’investissement mirobolants à ses victimes via des sociétés écrans, les convainquant de lui confier d’importantes sommes d’argent avant de les faire disparaître dans des circuits financiers presque impossibles à retracer.
Le système semblait pratiquement imprenable et particulièrement bien rodé. Dès lors, une question tout aussi essentielle que fondamentale demeure : comment un tel système aurait-il pu exister et survivre pendant autant de temps sans la complicité de personnes autrement bien placées ? Et si en effet complices il y a, est-on en droit d’espérer les voir aux arrêts, pour répondre de leurs actes devant la justice comme Zhang Guo Hua?
La justice devra y répondre avec clarté, sans quoi, tout ce qui a été fait jusqu’ici serait que mise en scène.







