
Libreville, le 25 août 2026 – (Dépêches 241). Le couperet est tombé. Réuni ce jour, le Conseil de discipline du Conseil Supérieur de la Magistrature a prononcé, à l’endroit de Bruno Obiang Mve, ancien Procureur de la République près le Tribunal de Première Instance de Libreville, une suspension de fonctions de douze mois assortie d’une suspension partielle de traitement. Une décision qui, sans se prononcer nommément sur tel ou tel dossier, vient sanctionner un magistrat dont le nom demeure indissociable, dans la mémoire de l’opinion, du feuilleton judiciaire ayant entouré l’homme d’affaires et homme politique Hervé Patrick Opiangah.
Douze mois sans fonction, une part de rémunération suspendue, la sanction infligée à Bruno Obiang Mve par la conseil de discipline du Conseil Supérieur de la Magistrature a un coût à la fois professionnel et matériel, sans pour autant atteindre la sévérité du retrait définitif ou de la révocation. Cette sanction se situe ainsi dans la partie médiane de l’échelle disciplinaire prévue par le Statut des Magistrats, entre la simple réprimande et l’éviction pure et simple. Une sanction qui, à elle seule, dit combien le Conseil Supérieur de la Magistrature a considéré la faute comme suffisamment grave et sérieuse pour appeler à une sanction tangible, sans pour autant clore définitivement la carrière de l’ancien procureur.
Sans qu’il soit besoin d’y revenir dans le détail, tant le sujet a été abondamment documenté dans nos précédentes éditions, l’on se souviendra que le nom de Bruno Obiang Mve, à l’époque procureur de la République, près le tribunal de première instance de Libreville, s’était retrouvé associé à une chronologie judiciaire pour le moins contestée dans le dossier Hervé Patrick Opiangah.
Entre plainte annoncée le 14 novembre et plainte effectivement enregistrée le 25 du même, procédure menée sans victime, sans preuve, sans éléments constitutifs de l’infraction et perquisitions irrégulières . Ce passif, aujourd’hui sanctionné par ses pairs, referme provisoirement une page à laquelle l’opinion gabonaise, par la voix de la presse et des avocats de la défense, aura consacré une attention soutenue. Il appartient désormais à chacun d’apprécier si la mesure prononcée répond, avec la juste proportion, à la gravité des faits qui l’ont précédée.
Reste que ce verdict, aussi attendu fût-il, ne referme qu’à moitié le dossier disciplinaire ouvert par le CSM. Le rôle de l’audience de ce jour comportait un second nom, tout aussi scruté que le premier : celui d’Eddy Minang, ancien Procureur Général près la Cour d’Appel de Libreville qui a écopé de la sanction ultime, c’est-à-dire la radiation définitive de la magistrature.







