Déguerpissement à Okala: les populations redoutent la démolition de leurs habitations et interpellent Oligui Nguema

Les populations de l’ancien quartier du Dispensaire, à Okala menacées de destruction interpellent Oligui Nguéma © Dépêches 241

Libreville, le 25 août 2026-(Dépêches 241) Les populations de l’ancien quartier du Dispensaire, à Okala, se disent outrées par l’annonce d’une opération de démolition prévue ce mardi 25 août. Selon le collectif des habitants, cette échéance intervient alors que plusieurs engagements auraient été pris lors des rencontres avec la gouverneure de la province de l’Estuaire, Françoise Dikoumba. Les riverains affirment que différents échanges avaient permis d’établir un autre calendrier et disent ne pas comprendre ce qu’ils considèrent comme un revirement soudain. Plusieurs dizaines de familles sont concernées, certaines étant installées dans le quartier depuis plusieurs générations. Désemparées, elles interpellent directement le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, afin qu’une solution concertée puisse être trouvée entre les différentes parties.

L’annonce de cette opération a provoqué l’inquiétude et la colère des habitants. Selon Ekomie Edouard, porte-parole du collectif, aucune information faisant état d’une démolition imminente n’aurait été communiquée aux familles à l’issue des rencontres avec la gouverneure. « Nous sommes donc vraiment désolés de cette manière de procéder », a-t-il déclaré devant la presse. Le porte-parole souligne également que cette situation intervient à quelques jours de la rentrée scolaire, ce qui accentue l’inquiétude des parents d’élèves. « Que vont faire les enfants ? », s’est-il interrogé, estimant qu’un déguerpissement effectif à compter du 25 août pourrait fortement perturber la rentrée scolaire des familles concernées.

Selon les informations recueillies auprès des riverains et relayées par nos confrères de GabonMailInfo.com, le dossier remonterait à environ trois mois. Des agents de l’Agence nationale de l’urbanisme, des travaux topographiques et du cadastre (ANUTTC) auraient alors procédé au marquage des zones concernées, sans concertation préalable avec les habitants. Face à cette situation, ces derniers avaient constitué un collectif de défense. 

À la suite de cette mobilisation, le président de la République aurait demandé aux élus locaux de rencontrer les populations concernées. Cette rencontre aurait bien eu lieu, selon le collectif, laquelle a permis aux élus de recueillir les doléances des habitants. Un dialogue semblait alors s’être instauré entre les deux parties, nourrissant l’espoir d’un règlement concerté du dossier.

Toutefois, la situation aurait de nouveau dégénéré ces derniers jours. En cause, les agents de l’ANUTTC seraient revenus procéder au marquage des terrains sans en informer préalablement les familles. Un délai de trois jours aurait ensuite été accordé aux résidents pour quitter les lieux. Entre temps, une rencontre avec la gouverneure Françoise Dikoumba était attendue par les riverains. Selon un membre du collectif,  « C’est le directeur général adjoint de l’ANUTTC qui les  a informés ce matin », de ce délai, a expliqué Ekomie Edouard, qui dénonce un changement de calendrier dont les habitants disent ne pas comprendre les raisons. C’est visiblement cette démarche qui aurait ravivé la contestation qui semblait pourtant s’être apaisée grâce au dialogue engagé avec les autorités locales.

Mais au-delà du calendrier de l’opération, les habitants d’Okala réclament surtout le respect des procédures prévues par la législation foncière au Gabon. « Nous savons comment, en République gabonaise, le foncier est traité », a rappelé le porte-parole du collectif. Les riverains demandent que toute opération de déguerpissement soit précédée des mesures d’accompagnement prévues par la réglementation et réclament, le cas échéant, des indemnisations conformes aux dispositions légales. Le respect des procédures en vigueur est d’autant plus nécessaire que plusieurs familles affirment détenir des titres fonciers réguliers, tandis que d’autres auraient engagé des démarches auprès des services compétents depuis des années.   

In fine, le collectif des populations d’Okala en appelle donc directement au chef de l’État, estimant qui serait le seule capable d’arbitrer de manière juste ce litige foncier. Les habitants demandent une intervention avant l’échéance annoncée et souhaitent qu’une solution négociée permette de préserver leurs habitations et leurs attaches dans ce quartier. Quant aux autorités, elles n’auraient pas encore réagi face aux accusations dont elles font l’objet. 

L’évolution de la situation ce mardi 25 août devrait permettre de déterminer si l’opération annoncée sera effectivement mise à exécution. 

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