Guerre larvée entre médias: le journal Bazooka mis en demeure par la HAC après les saisines de GMT et Gabonreview

Première victoire de GMT et Gabonreview qui ont obtenu la condamnation du journal Bazooka devant la HAC © DR montage Dépêches241

Libreville le 1er septembre 2022 – ( Dépêches 241). Saisis par Gabon Média Time et Gabonreview via une requête aux fins de dénonciation pour atteinte à la notoriété du fait de la Une outrageuse du journal Bazooka, la Haute Autorité de la Communication (HAC) a rendu sa décision en faveur des deux organes de presse auteurs de la saisine. Le régulateur des médias a ainsi condamné le média proche du palais en l’invitant par ailleurs à s’imprégner et à respecter les dispositions 44 et 87 du code de la communication relatives à la responsabilité du journaliste et au respect de la dignité d’autrui. 

C’est par une décision n°00008/HAC/2022, parvenue à la rédaction de Dépêches 241, que la Haute Autorité de la Communication, après avoir été saisi le 30 juillet dernier à l’initiative de GMT et Gabonreview par une « requête aux fins de dénonciation d’acte d’atteinte à la notoriété ou à la réputation », s’est prononcé sur les déclarations du journal satirique Bazooka, lequel dans ses colonnes, avait prétendu que les organes de presse précités « ont profité de l’argent issu des détournements des fonds publics de la clique à BLA ». 

Prenant appuie sur la substance des débats contradictoires, sur les éléments matériels et eu égard à la teneur des preuves apportées par la partie défenderesse, la Haute Autorité de la communication (HAC) a décidé de la mise en demeure du Journal satirique Bazooka en ce qu’il a violé, de façon manifeste, les dispositions des articles 44 et 87 de la loi n°19/2016 du 9 août 2016 portant code de la communication. Lesquels articles sont suffisamment édifiants. 

LIRE AUSSI: Manne financière des Bla-Boys: traités de «mercenaires de la plume» Gabonreview et GMT portent plainte

Si l’article 44 nous enseigne que « tout journaliste est personnellement responsable de ses écrits et des informations qu’il diffuse », qu’il doit doit s’assurer de la justesse et de l’exactitude de ses informations, il précise surtout qu’il est interdit aux journalistes « l’insinuation malveillante, la calomnie, l’injure, la déformation des faits et le mensonge ». L’article 87 de la même loi enjoint par ailleurs chaque journaliste « à respecter les droits et la dignité d’autrui ». Des recommandations légales qui selon la HAC, n’ont pas été prises en compte par le journal Bazooka dans sa parution querellée n°31 du 29 juillet dernier. 

Raison pour laquelle, dans sa décision la Haute Autorité de la Communication a mis en demeure le média incriminé « de se conformer aux dispositions combinées des articles 44 et 87 de la loi n°19/2016 du 9 août 2016 portant code de la communication ». 

LIRE AUSSI: Corruption de la presse par les BLA-Boys: le Bazooka se dit prêt à poursuivre GMT et Gabonreview pour dénonciation calomnieuse

Une décision de l’organe régulateur de la presse et de l’audiovisuelle qui tranche toutefois avec la teneur du discours du journal Bazooka, qui à travers un point de presse animé par son avocat Me Jean Paul Moubembe, le 29 août dernier, s’est montré étrangement offensif, allant jusqu’à menacer GMT et Gabonreview de les attaquer en retour pour dénonciation calomnieuse en raison des preuves accablantes supposément en leur possession. Fait curieux, la sortie de l’avocat du journal incriminé est intervenue 4 jours après que la HAC eut condamné son client exactement le 25 août 2022.

De là à se demander comment, avec des preuves irréfutables, Bazooka n’a pas pu éviter sa condamnation devant la HAC. Ou mieux, si tant est que cela soit le cas, pourquoi ne les avoir pas présentées en plénière. Des questions desquelles émargent le positionnement ambigue du journala Bazooka en ce qu’elles ne permettent pas de délier le vrai du faux dans cette guerre larvée entre médias interposés. 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*