Bicéphalisme au PDG : le clan d’Ali Bongo Ondimba vainqueur ?

Le Distingué Camarade Président Ali Bongo Ondimba déjeunant avec son Secrétaire Général, Ali Akbar Onanga y’Obegue.© DR

Libreville,le 26 juillet 2025-(Dépêches 241). Dans l’interminable bras de fer qui opposait deux factions rivales au sein du Parti Démocratique Gabonais (PDG), la justice gabonaise aurait tranché en faveur du camp resté fidèle à l’ancien Président Ali Bongo Ondimba. Le Secrétaire Général désigné par ce dernier, Ali Akbar Onanga Y’obegue, a annoncé la nouvelle ce 26 juillet 2025 sur sa page Facebook officielle, déclarant que « la justice a dit NON à l’usurpation et OUI à la légalité statutaire ». Cette décision pourrait marquer un tournant dans la crise interne qui secoue le PDG depuis de nombreux mois.

Fait particulièrement révélateur: c’est pourtant la faction menée par l’ex-ministre René Ndemezo’o Obiang et portée aujourd’hui par l’aile dite Louembé qui avait initialement saisi la justice. Or, le juge des référés du Tribunal de Première Instance de Libreville aurait débouté leurs demandes, tout en validant l’exception d’inconstitutionnalité soulevée par Onanga Y’obegue. Ainsi, « Le juge a refusé de se prêter à cette mascarade judiciaire […] il a sursis à statuer sur leurs demandes contre moi », a-t-il précisé, en soulignant la portée symbolique de cette décision.

Pour le clan de l’ex Chef d’État, cette victoire juridique consacre non seulement la légitimité du Secrétaire Général nommé le 14 mai 2025 par Ali Bongo, mais confère à son camp l’exclusivité de la représentation officielle du PDG. Dans une déclaration à la fois solennelle et incisive, Onanga affirme que « les actes du directoire auto-proclamé du 7 mars 2024 restent ce qu’ils ont toujours été : illégaux », et que « le Ministère de l’Intérieur ne pourra désormais plus trouver de prétexte pour recevoir ces usurpateurs au nom du PDG », a-t-il ajouté.

Cependant, loin de verser dans une logique de revanche ou d’exclusion, le clan Bongo tend la main à ses adversaires internes. En appelant au dialogue, Ali Akbar Onanga semble vouloir préserver l’unité du Parti en vue des prochaines échéances électorales. Selon lui, « C’est pourquoi, en cette heure de victoire mais aussi de responsabilité, au nom du Distingué Camarade Président Ali BONGO ONDIMBA, j’appelle solennellement les camarades qui se sont autoproclamés à la tête du parti à des discussions urgentes », a-t-il lancé, invoquant les valeurs fondatrices du PDG : dialogue, tolérance, paix.

Ce virage stratégique repose sur une considération pragmatique. Pour le Secrétaire Général du PDG, aller aux élections locales et législatives à venir en ordre dispersé serait une erreur tactique majeure pour le Parti qui doit faire face à la réfraction des populations. À cet effet, le rassemblement et l’unification des candidats est crucial. Car « L’objectif est simple et noble, il s’agit de trouver très rapidement des compromis permettant de participer le plus efficacement possible aux élections à venir et nous donner les meilleures chances de succès », a-t-il insisté. En d’autres termes, l’unité du Parti n’est plus un luxe idéologique mais une nécessité politique.

Face à cette clarification judiciaire, l’aile Louembé pourrait désormais se retrouver acculée. Ou bien elle accepte la main tendue du clan Bongo et se rallie à l’autorité reconnue par les tribunaux, ou bien elle se condamne à l’isolement politique, incapable de se présenter sous la bannière du PDG aux prochaines élections. Le sort de cette famille politique ne dépend plus d’un juge, mais d’un choix de raison ou de déraison.

La justice aurait tranché, les masques seraient tombés, mais le défi essentiel reste entier: éviter que les ambitions personnelles ne fassent imploser une machine politique autrefois hégémonique. La balle est désormais dans le camp des dissidents. Accepteront-ils de négocier leur retour dans le giron du Parti ou persisteront-ils dans un schisme stérile ? L’histoire, elle, a déjà enregistré la date du 25 juillet 2025 comme celle d’un verdict qui pourrait redéfinir durablement le paysage politique gabonais.

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