Loi sur les Partis politiques: la condition d’un état d’adhésion de 10 mille membres retirée de l’article 72 nouveau du texte

Le retrait pernicieux de la condition sur l’état d’adhésion de 10000 personnes interroge au sein de l’opinion  © Dépêches 241

Libreville, le 31 juillet 2025-(Dépêches 241). Il est de plus en plus établi que, comme la précédente, la Cinquième République Gabonaise semble briller par les mêmes perversions institutionnelles: trituration et modification des textes de loi au gré des intérêts de certains groupuscules sont toujours aussi fortement présentes. La dernière en date, le retrait sournois et non concerté de la condition de 10 mille adhérents pour créer un Parti politique, à l’article 72 nouveau de la loi sur les Partis politiques.

Les mauvaises habitudes ont la peau dure, dit-on couramment. Cette maxime populaire semble avoir tout son sens à l’aube de la nouvelle République Gabonaise, tant les pratiques décriées hier y sont encore fermement enracinées. De la même façon que le régime d’Ali Bongo Ondimba était accusé de modifier les textes de loi à sa convenance, c’est de la même manière que le nouveau régime tend à procéder.

Aussi, après les nombreuses modifications de la Charte de la Transition, le retrait de plusieurs recommandations du Dialogue National Inclusif d’Agondjé, mais surtout après la modification unilatérale des plusieurs dispositions de la nouvelle Constitution, le nouveau pouvoir de Libreville vient-il de procéder unilatéralement au retrait d’une des nouvelles conditions pour créer un Parti politique en République Gabonaise, au mépris des travaux réalisés en plénière au Parlement de la Transition pour adopter en termes identiques cette nouvelle loi sur les Partis politiques.

L’article 72 dans la première version de La Loi Électorale

Une condition retirée sournoisement et sans concertation ?

Énoncé plus simplement, dans sa première version, la Loi du 27 juin 2025 relative au aux Partis politiques stipulait en son article 72 ce qui suit: « Les Partis politiques légalement reconnus avant l’entrée en vigueur de la présente loi ont un délai de douze (12) mois à compter de la date de promulgation de la loi pour se conformer aux conditions ci-dessous: présenter un état d’adhésion de dix mille (10.000) adhérents mentionnant leur Numéro d’Identification Personnelle (NIP) répartis dans les neufs provinces ; avoir un siège social ; avoir un compte bancaire libellé au nom du Parti ; tenir une comptabilité ; tenir les instances décisionnelles du Parti conformément aux statuts et règlement intérieur ; obligation de présenter des candidatures aux prochaines élections politiques dans les conditions prévues par les textes en vigueur ». 

Or, la dernière version rendue publique au journal officiel, notamment en date du (…) montre clairement que la condition sur les dix mille (10.000) adhérents pour créer un Parti politique a sournoisement été retirée, se présentant désormais dans la forme suivante: « Les Partis politiques légalement reconnus avant l’entrée en vigueur de la présente loi ont un délai de douze (12) mois à compter de la date de promulgation de la loi pour se conformer aux conditions ci-dessous: avoir un siège social ; avoir un compte bancaire libellé au nom du Parti ; tenir une comptabilité ; tenir les instances décisionnelles du Parti conformément aux statuts et règlement intérieur ; obligation de présenter des candidatures aux prochaines élections politiques dans les conditions prévues par les textes en vigueur ».

L’article 72 après révision de la Loi Électorale

À la lecture de cette énième transgression des rouages Institutionnels en cette Cinquième République Gabonaise naissante, les citoyens peinent de plus de plus à faire confiance à leurs dirigeants, au regard de la régularité avec laquelle ces derniers dupliquent, presque de manière identique, les perversions qui ont conduit aux événements du 30 août 2023. 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*