Gabon: sous la fièvre du procès Bongo-Valentin, près de 50 tonnes de manganèse disparaissent au port d’Owendo

Libreville, le 10 novembre 2025 – (Dépêches 241). Alors que toute l’attention publique se concentre sur le procès des Bongo-Valentin à Libreville, un autre scandale secoue discrètement le pays. Dans la nuit du 6 au 7 novembre, près de 48 000 tonnes de manganèse se seraient volatilisées au port d’Owendo, à la faveur d’une opération aussi spectaculaire qu’ inattendue. Les autorités parlent d’un possible réseau de complicités internes au sein de la Marine marchande. Une enquête préliminaire a été ouverte par la Direction Générale des Recherches (DGR). 

Le Gabon semble véritablement être à la croisée des chemins. Plus une semaine ou un mois ne s’écoule sans enregistrer de situation préoccupante. Le dernier fait majeur, et non des moindres, est la disparition soudaine de Jacob H, un navire à quai depuis plusieurs semaines au port minéralier d’Owendo, et contenant 48 000 tonnes de manganèse.  Le vraquier se serait évaporé « sans que personne ne s’en aperçoive, il a appareillé avec sa cargaison et a disparu comme par enchantement », relate nos confrères de Gabon d’Abord.

Selon les révélations du journal Gabon D’Abord, relayée par nos confrères de GabonReview l’affaire s’apparente à un véritable film d’action : vers 4 heures du matin, le navire Jacob H, amarré depuis plusieurs jours, aurait quitté le port après avoir chargé sa cargaison, sans autorisation ni signalement officiel. Le bateau se serait « désamarré mystérieusement » avant de disparaître en mer avec 48 tonnes de manganèse. Des cadres de la Marine marchande gabonaise sont soupçonnés d’avoir facilité la manœuvre, en collaboration avec un opérateur chinois aujourd’hui introuvable. 

Toujours selon le même journal « des compatriotes, plutôt, des cadres de la Marine marchande, présumés complices d’un sujet chinois » seraient ceux qui auraient facilité cette disparition mystérieuse. Il est rapporté qu’ « au lever du jour, les habitués du port ont été stupéfaits de constater que le Jacob H avait pris la mer », précise le média, avant de rappeler que « des patrouilleurs de la Marine nationale auraient rameuté rapidement pour se lancer aux trousses de ce bateau… Mais en vain ». Une plainte aurait été déposée auprès de la Direction générale des recherches (DGR), et un signalement à Interpol serait en cours pour tenter d’intercepter le navire dans les eaux internationales.

Les premiers éléments évoquent un important réseau de corruption au sein de la chaîne logistique portuaire. D’après le même média, plusieurs agents de sociétés opérant à Owendo, notamment sur le site de Barracuda, auraient été interrogés par les services compétents. Si la DGR ne confirme pas officiellement les auditions, une source proche du port minéralier évoque une atmosphère « de panique et de suspicion généralisée ». L’affaire ne concernerait toutefois ni Comilog, ni ses installations, mais bien le Port minéralier d’Owendo (OMP), dédié à l’exportation de minerais en vrac.

Ce vol spectaculaire intervient alors que le Gabon est déjà sous tension médiatique et politique, à la suite du procès très médiatisé du clan Bongo-Valentin. Pour certains observateurs, cette coïncidence souligne la vulnérabilité du système de contrôle des richesses nationales, malgré les promesses de rupture et de rigueur du nouveau pouvoir. À Owendo, la confusion reste totale, et l’affaire du Jacob H pourrait bien devenir un test décisif pour la crédibilité du dispositif de sécurité portuaire et la gouvernance économique du pays.

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