Gabon: plusieurs véhicules administratifs du Ministère de l’Intérieur emportés par Immongault ? 

L’actuel Vice-Président du gouvernement a-t-il quitté le ministère de l’Intérieur en emportant avec lui les véhicules administratifs ? ©Dépêches 241

Libreville, le 11 Février 2026 – (Dépêches 241). Certaines attitudes au-delà de leur portée matérielle, interrogent profondément sur le sens de l’État et la conception même du service public dans cette Ve République qui s’est dite empanprée des maux d’antan. L’affaire relative aux véhicules de fonction du ministère de l’Intérieur, que l’ancien titulaire du portefeuille, Hermann Immongault, aujourd’hui promu Vice-Président du gouvernement, aurait emportés avec lui à l’issue du dernier remaniement, s’inscrit dans cette catégorie tout autant qu’elle interroge la parole publique sur la nécessité de rompre avec les pratiques naguère dénoncées sous l’ancien régime. 

Selon des sources concordantes, l’ex-ministre Hermann Immongault serait parti avec plusieurs véhicules de service, en compagnie de certains de ses proches collaborateurs, notamment son Directeur de Cabinet, sa Secrétaire Particulière et plusieurs conseillers. Une telle attitude, si elle venait à être confirmée, serait tout simplement indécente pour une personnalité appelée à incarner l’exemplarité républicaine et la rigueur morale exigées aux plus hauts sommets de l’État.

Pourtant, il est connu de notoriété publique que l’administration n’est pas une propriété privée, encore moins un patrimoine personnel que l’on peut emporter au gré de ses promotions. Elle incarne la continuité de l’État et repose sur des règles précises, fondées sur la transmission, la traçabilité et la responsabilité. 

À ce titre, une question s’impose avec force : lorsque Barro Chambrier a quitté la Vice-présidence du gouvernement, a-t-il emporté les véhicules de fonction, laissant son successeur dans l’embarras logistique ? La réponse est évidemment négative, tant ces pratiques heurtent le sens commun administratif. Dès lors, faut-il qu’en arrivant à la tête du ministère de l’Intérieur, Adrien Nguema Mba engage à nouveau des dépenses publiques pour l’acquisition de véhicules, alors que cette question avait déjà été réglée par l’État, et ce dans un contexte de crise financière aiguë, marqué par des arbitrages budgétaires douloureux et des priorités sociales pressantes ? Ces questions se posent au regard du contexte et surtout de la situation délicate dans laquelle se trouve le pays. 

Plus curieux, les explications fournies par la communication du ministère de l’Intérieur n’ont pas dissipé le malaise. Joint par la rédaction, le service s’est d’abord montré évasif « Pensez vous que c’est à un conseiller qu’il faut poser ce type de question », a-t-il d’abord lancé, renvoyant ensuite la responsabilité de ces informations à la passation de charges entre le ministre sortant et le ministre entrant. « Pendant la passation de charge, ces sujets sont évoqués et c’est à la discrétion des deux ministres », a-t-il conclu

Cette affaire intervient dans un contexte déjà lourd pour Hermann Immongault. Après l’organisation chaotique des dernières élections législatives et locales, largement mise à son passif, voilà que son nom pourrait désormais être associé à des pratiques condamnables, en totale contradiction avec les principes de bonne gouvernance. Plus troublant encore, en dépit de ces zones d’ombre, l’ancien ministre a été promu à la Vice-présidence du gouvernement. Une décision qui interroge sur les critères d’évaluation de l’action publique et sur la cohérence du discours officiel en faveur d’une rupture avec les dérives du passé.

La République exemplaire appelée de ses vœux par le Président Brice Clotaire Oligui Nguema ne peut durablement cautionner ce type de comportement. L’exigence d’exemplarité ne saurait être un simple slogan politique ; elle doit se traduire dans les faits, par une rigueur absolue dans la gestion des biens publics et par une responsabilité personnelle clairement assumée. À défaut, c’est la crédibilité même de l’action gouvernementale qui se trouve fragilisée, et avec elle, la confiance des citoyens dans leurs institutions. 

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