Ndendé: Des buffles détruisent des enclos et plusieurs vaches d’Agropag s’évadent

Les bovins d’Agropag élevés à Ndendé perturbés par ds buffles ©DR

Libreville, le 10  février 2026-(Dépêches 241). Le site agro-pastoral d’Agropag à Ndendé a récemment été le théâtre d’un incident préoccupant, marqué par l’irruption de buffles et d’éléphants ayant détruit plusieurs enclos destinés à l’élevage bovin. Cette incursion de la faune sauvage aurait entraîné l’évasion de nombreuses têtes de bétail dans la forêt environnante, exposant les animaux à des risques sanitaires importants et fragilisant l’activité de la société. L’événement, bien que sans pertes humaines signalées, a suscité une vive inquiétude parmi les responsables du site et les populations riveraines.

Face à la gravité de la situation, Agropag a rapidement réagi en annonçant la mise en place d’un dispositif de récupération du cheptel égaré. Dans un communiqué publié sur sa page Facebook officielle, la société indique avoir élaboré un protocole spécifique de rapatriement des animaux. Celui-ci a débuté par la construction, en pleine forêt, d’un couloir de soins destiné à attirer les bovins évadés et à faciliter leur embarquement progressif vers le site d’élevage sécurisé.

Cette opération de rapatriement s’annonce toutefois complexe et exigeante. Elle requiert du temps, de la patience et une approche particulièrement prudente afin d’éviter le stress des animaux et de limiter les pertes. Au-delà de la simple récupération du cheptel, les équipes devront également procéder à un contrôle sanitaire rigoureux. Les bovins, livrés à eux-mêmes dans la forêt, ont pu être exposés à des maladies ou à des virus susceptibles de compromettre la viabilité du troupeau et, par extension, la production agro-pastorale.

Cet incident relance par ailleurs le débat récurrent sur la cohabitation entre l’homme et la faune sauvage au Gabon. De plus en plus fréquemment, des animaux de la forêt s’aventurent aux abords des zones habitées ou exploitées, causant des dégâts matériels et mettant en péril aussi bien les cultures que les activités d’élevage. Le cas de Ndendé illustre une fois de plus la vulnérabilité des infrastructures agro-pastorales face à cette pression faunique croissante.

Si l’on peut se satisfaire du fait qu’il n’y ait eu, pour l’instant, que des dégâts matériels, rien ne garantit que de tels incidents resteront sans conséquences plus graves à l’avenir. Il apparaît donc impératif que les dirigeants d’Agropag assument pleinement leurs responsabilités en investissant dans des enclos plus robustes, résistants et électrifiés. Une telle mesure est essentielle pour prévenir de nouvelles intrusions et protéger un projet stratégique, dont la réussite demeure cruciale pour l’ambition nationale de souveraineté alimentaire. 

In fine, l’incident survenu à Ndendé constitue un signal d’alerte pour l’ensemble du secteur agro-pastoral gabonais. Il met en lumière la nécessité d’adapter les infrastructures d’élevage à la réalité de la cohabitation avec la faune sauvage. Sans une réponse structurelle et durable, ces intrusions risquent de se répéter,  compromettre des investissements majeurs et d’affaiblir les efforts du pays en matière de sécurité et de souveraineté alimentaires. 

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