
Libreville, le 17 Février 2026 – (Dépêches 241). Dans un communiqué lu à la télévision nationale ce mardi soir, la Haute Autorité de la Communication (HAC) a annoncé la suspension immédiate de plusieurs réseaux sociaux sur l’ensemble du territoire national. Sont concernés WhatsApp, TikTok et Facebook, trois plateformes parmi les plus utilisées au Gabon. Une décision justifiée par la prolifération de contenus jugés « conflictogènes », mais qui soulève de vives inquiétudes quant au respect des droits fondamentaux et du droit d’entreprendre.
Selon la HAC, cette mesure vise à préserver l’unité nationale face à la circulation massive de messages susceptibles d’attiser les tensions sociales. L’organe de régulation estime que certaines publications diffusées sur WhatsApp, TikTok et Facebook menacent la cohésion nationale et appellent, dans ce contexte, à une réponse ferme. La suspension est annoncée « jusqu’à nouvel ordre », sans qu’aucun calendrier ni mécanisme d’évaluation ne soit précisé, renforçant le caractère abrupt et exceptionnel de la décision.
Toutefois, cette coupure générale des réseaux sociaux apparaît, pour de nombreux observateurs, comme une dérive préoccupante et une atteinte directe aux libertés fondamentales, notamment la liberté d’expression et le droit à l’information. En privant des millions de citoyens de leurs principaux canaux de communication, la mesure porte également atteinte à la liberté d’entreprendre, alors que de nombreux acteurs économiques, créateurs de contenus, commerçants et entrepreneurs du numérique dépendent largement de ces plateformes pour leurs activités quotidiennes.
Dans un contexte où le numérique constitue un levier essentiel de développement économique et social, la suspension de WhatsApp, TikTok et Facebook risque d’avoir des conséquences lourdes sur l’économie informelle, l’emploi des jeunes et la vitalité du tissu entrepreneurial.
Au-delà de l’objectif affiché de maintien de l’ordre public, cette décision pose avec acuité la question de l’équilibre entre sécurité, libertés publiques et dynamisme économique, appelant à une réflexion approfondie sur les moyens les plus appropriés pour lutter contre les dérives sans restreindre excessivement les droits fondamentaux.








WhatsApp n’est nullement un réseau social, c’est une application de messagerie instantanée.