
Libreville, le 2 Mars 2026 – (Dépêches 241). Visiblement, Nadia Christelle Koye refuse de faire amende honorable et n’a finalement pas tiré les enseignements de son infortune d’août 2023 ou aux côtés du tristement célèbre Michel Stéphane Bonda, elle a fait le choix d’œuvrer contre la volonté du peuple. Son avis sur la crise liée au délitement actuel de l’écosystème communicatif national, marquée par la décision polémique de la Haute Autorité de la Communication (HAC), de suspendre les réseaux sociaux sur l’ensemble du territoire national en est la parfaite illustration. En défendant l’annonce de la HAC, elle réaffirme son incapacité à défendre réellement les intérêts du plus grand nombre. Un comportement jugé désinvolte, au regard de son passif, envers le peuple, en raison de l’impunité qui semble désormais érigée depuis le 30 août 2023.
Très connue pour le rôle particulièrement trouble qu’elle a joué lors de l’élection présidentielle d’août 2023, à l’issue de laquelle le despote Ali Bongo Ondimba avait été déclaré vainqueur, en tant que vice-présidente du Centre Gabonais des Élections (CGE), représentante de l’opposition, Nadia Christelle Koye s’est fendue d’une sortie qui ne l’honore pas certes mais parallèlement ne surprends guère au regard des états de services de la concernée.
Alors que le pays traverse une situation sombre, notamment sur le plan médiatique, dominée par la suspension hasardeuse par la HAC des réseaux sociaux, principalement les plateformes du groupe Meta, dont Facebook et WhatsApp, ainsi que d’autres réseaux comme TikTok et YouTube, l’ancienne comparse de Michel Stéphane Bonda a sans remords ni retenue, pris la parole en défendant la position de l’organe régulateur de la communication du pays lequel essuie pourtant de façon légitime un procès en violation des libertés fondamentales.
Une constance troublante dans l’adhésion aux pratiques contestées
À cet effet et selon Nadia Christelle Koye : « La décision de la Haute Autorité de la Communication (HAC) est venue siffler la fin d’un jeu sans règles. Un jeu dangereux où l’espace public s’élargit au-delà de nos frontières sans aucune responsabilité », a-t-elle affirmé. Autrement dit, pour elle, la décision de la HAC est opportune et serait de nature à mettre fin à ce qu’elle considère comme des abus dans l’espace numérique.
Pour une responsable publique ayant accepté de prendre part à la publication de résultats électoraux contestés le 30 août 2023, il ne s’agit plus seulement d’un manquement à l’exigence démocratique, mais d’un choix politique lourd de conséquences. Cette posture alimente aujourd’hui le sentiment qu’aucune remise en question véritable n’a été engagée et qu’une telle démarche pourrait, le cas échéant, être reconduite.
Plus préoccupant encore, malgré les graves interrogations soulevées par sa gestion de la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS), elle ne semble manifester ni réserve ni volonté d’introspection. Au contraire, elle paraît déterminée à assumer sans nuance des décisions impopulaires, s’inscrivant dans une continuité politique fortement marquée par les pratiques du régime Bongo-Valentin, auquel elle avait d’ailleurs activement participé jusqu’aux événements d’août 2023.
Une attitude confortée par la mansuétude du nouveau régime
Il convient également de souligner que cette situation a été rendue possible par l’attitude pour le moins conciliante des nouvelles autorités. Celles-ci, attendues sur une rupture nette et une fermeté exemplaire à l’égard de tous les acteurs impliqués dans la manipulation du scrutin présidentiel, ont finalement opté pour une approche empreinte de retenue, laissant subsister un sentiment d’inachevé dans la quête de justice et de responsabilité.
Dans un tel contexte, il devient improbable que les acteurs politiques douteux, parmi lesquels pourrait figurer en bonne place Nadia Koye, se ressaisisse en faisant profil bas. Bien au contraire, elle se sent galvanisée et semble bénéficier de la mansuétude des autorités actuelles du pays.
Ainsi, au-delà de la personne de la Sénatrice, cette affaire pose une question fondamentale : celle de la responsabilité politique et morale dans la conduite des affaires publiques. Tant que l’impunité primera sur la reddition des comptes, la défiance populaire continuera de s’enraciner, fragilisant davantage les institutions et la cohésion nationale.







