Hôtel de Ville de Libreville : le départ de Pierre Mathieu Obame Etoughe se dessine dans l’ombre

Fin de règne à l’Hôtel de Ville pour Pierre Mathieu Obame Etoughe ©Dépêches 241

Libreville, le 16 avril 2026 – (Dépêches 241). C’est un secret de polichinelle que l’on chuchote d’un couloir à l’autre de l’Hôtel de Ville. La page Pierre Mathieu Obame Etoughe serait sur le point d’être tournée. Sauf coup de théâtre de dernière minute, ce qui s’apparente déjà à une démission consentie, mais soigneusement encadrée, ne serait plus qu’une affaire d’heures, peut-être de jours. La capitale gabonaise assiste, en sourdine, à la mise en scène d’un départ soigneusement préparé. 

Selon plusieurs sources concordantes, le scénario initial n’avait rien d’une sortie par la grande porte. La destitution était envisagée, le dossier, instruit. Mais c’est là que la raison d’État, dans ce qu’elle a parfois de plus machiavélique, aurait pris le pas sur la procédure. Des voix autorisées, proches des cercles décisionnels de la Ve République, auraient plaidé pour qu’on évite au premier magistrat de la ville les affres d’une révocation publique. En cause, moins la bienveillance envers l’homme que le souci de préserver le crédit et la dignité d’une institution que la période de refondation se doit d’incarner.

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La destitution muée en démission volontaire

C’est ainsi que l’on serait passé d’une procédure disciplinaire à une sortie négociée. Des pressions, élégantes, dit-on, mais néanmoins fermes, auraient été exercées pour que Pierre Obame Etoughe prenne lui-même la décision qui s’imposait. Un départ volontaire, donc, dont la forme dissimule mal la contrainte de fond. Dans les entrepôts de l’hypocrisie institutionnelle, ce genre d’arrangement est connu. On offre à celui qu’on congédie le luxe de penser qu’il choisit.

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L’annonce officielle n’a pas encore eu lieu mais les tractations par contre elles, seraient bien réelles. Car si la question du départ semble réglée, celle de la succession, elle, demeure ouverte, ou du moins, s’annonce comme telle. Des figures de l’exécutif municipal circulent déjà dans les conversations feutrées, des alliances s’esquissent et se défont au rythme des ambitions. Mais nos sources suggèrent que le vrai arbitrage se tient ailleurs au sommet de la pyramide, là s’est également dit-on préparée, la disgrâce de Pierre Mathieu Obame Etoughe. 

La succession : un jeu d’échecs à plusieurs mains ?

Certains évoquent même un scénario déjà balisé. Le poste de maire et les fonctions des adjoints redistribués selon une logique de dosage savant, où chaque part porte en elle une signification politique. Si tel est le cas, Libreville ne changerait pas seulement de maire,  elle offrirait le spectacle, une fois encore, d’une transition qui négocie ses équilibres bien au-delà du seul intérêt de ses administrés. 

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La confirmation officielle reste attendue certes mais  à l’aune de ce que nos sources nous en disent, l’essentiel est peut-être déjà joué.

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