Juste répartition des quotes-parts, management discutable et accès équitable aux technologies d’imagerie médicale: Le Dr Lydie Kerault au centre de vives polémiques

Le Dr Lydie Kerault Sambat, Chef de service imagerie médicale au CHUL, concentre désormais de vives critiques venant des agents de ce département.

Libreville, le 2 juin 2026-(Dépêches 241). Le service imagerie médicale du Centre Hospitalier Universitaire de Libreville (CHUL) semble en proie à de vives tensions depuis plusieurs mois. Dans une correspondance dont la rédaction de Dépêches 241 a reçu copie, les agents officiant au sein dudit service manifestent leur mécontentement vis-à-vis du management de leur responsable, le Dr Lydie Kerault Sambat: la répartition des quotes-parts, la gestion managériale, la formation et l’accès équitable aux technologies d’imagerie médicale au sein du service, sont les principales récriminations faites à cette dernière.

Les techniciens du service imagerie médicale du Centre Hospitalier Universitaire de Libreville tirent la sonnette d’alarme sur le fonctionnement actuel de leur département et, plus précisément, la manière dont il est managé. Ces derniers temps, les agents dénoncent un management inquiétant : manque d’écoute et de communication, les décisions sont trop souvent imposées sans concertation, balayant d’un revers de main l’expertise de terrain de ceux qui exécutent les tâches au quotidien.

Pire, la correspondance laisse poindre l’idée de techniciens mis sous pression en permanence, au détriment d’une culture de la confiance. Cela ne crée pas de la performance, mais génère davantage de stress, de frustration et, à terme, du désengagement. On ne peut pas demander de l’excellence à des collaborateurs que l’on fragilise par des méthodes managériales discutables. Conséquences : le doute s’installe, l’ambiance de travail se détériore, et le risque d’épuisement professionnel (burn-out) est réel.

Un accès discriminatoire aux hautes technologies du service

Dans leur réquisitoire contre leur chef de service, les agents dénoncent également ce qu’il qualifient eux-mêmes de « graves problèmes de gestion managériale, des atteintes à la dignité et l’accès discriminatoire à la haute technologie ». En effet, sur la répartition des tâches aux techniciens, ces derniers soulignent de nombreux dysfonctionnements, ainsi qu’une forme de discrimination dans l’accès aux dernières technologies.

« Un technicien unique se retrouve contraint de supporter l’intégralité du flux opératoire au scanner (accueil et installation du patient, pose de la voie veineuse, programmation et réalisation technique de l’examen) », précise dans un premier temps leur courrier. Lorsque, « simultanément, les autres techniciens se cantonnent à la radiologie conventionnelle, à la distribution des résultats, ou font face à une inactivité forcée par manque de tâches définies. Cette désorganisation structurelle crée des goulots d’étranglement majeurs, des files d’attente interminables et des tensions évitables au niveau du scanner », dénonce la même correspondance.

Toujours au sujet de l’accès inéquitable des techniciens aux nouvelles avancées de leur département, les agents préviennent. « Nous constatons aujourd’hui une sélection arbitraire visant à n’attribuer la manipulation du scanner qu’à un nombre restreint de techniciens choisis. Nous affirmons qu’à l’installation prochaine de l’IRM au CHUL, tous les techniciens du service devront obligatoirement apprendre à le manipuler. Il ne sera plus question de procéder à une sélection discriminatoire. Nous avons tous été formés pour cela. Le collectif n’acceptera plus que certains agents soient injustement écartés de la manipulation de ces dispositifs de pointe », avertissent-ils.

Gestion transparente et équitable des quotes-parts hospitalières

Les agents dudit service revendiquent aussi une gestion transparente et équitable des quotes-parts hospitalières. Pour soutenir leurs prétentions, ils fondent leur réclamation sur une base légale solide: l’Ordonnance n° 001/PR/2018 du 23 février 2018 portant organisation et gouvernance des structures sanitaires publiques, ratifiée par la Loi n° 021/2018. « Ce texte de référence pose des jalons clairs en matière de bonne gouvernance hospitalière, de gestion participative et de transparence dans la redistribution des ressources issues de l’activité médicale », ont-ils d’abord rappelé.

Sur la transparence et le règlement équitable de cette manne, la même ordonnance dispose que « les bénéfices tirés des actes médicaux doivent faire l’objet d’une traçabilité totale et d’une ventilation équitable entre les acteurs ayant concouru à l’acte ». Enfin, « Il convient de rappeler que la quote-part hospitalière n’est pas une gratification discrétionnaire accordée au seul chef de service, mais un mécanisme réglementaire qui répond à plusieurs objectifs », boucle la correspondance.

Les perspectives d’une résolution concertée de sortie de crise

Cette interpellation ne saurait être perçue comme un acte de rébellion, mais davantage comme un acte de responsabilité, une invitation à un retour vers un management plus vertueux. Les techniciens invitent leur chef de service à voir dans cette démarche non pas une menace, mais une main tendue pour redresser ensemble leur environnement de travail, car revoir ses méthodes de management n’est pas un signe de faiblesse, c’est une preuve d’intelligence et de leadership.

Espérons désormais que la démarche entreprise par les agents du service imagerie médicale du Centre Hospitalier Universitaire de Libreville trouvera une issue favorable, à travers notamment « La présentation transparente des documents financiers et des états de recettes perçus par le service au titre des quotes-parts ; la définition consensuelle d’une clé de répartition juste et équitable des quotes-parts pour l’ensemble du personnel, sur le modèle rigoureux des 50% / 50% appliqué au CHUO et au CHUMEFJE, mettant fin à des années d’opacité ; la réorganisation du travail en chaîne au scanner afin de rationaliser la charge de travail et d’optimiser l’affectation de chaque technicien ; l’engagement formel d’un accès équitable et universel à la formation pratique sur le scanner et la future IRM pour tous les techniciens qualifiés du service, sans discrimination ni favoritisme ; l’annulation immédiate et sans condition des retenues financières arbitraires de 10 000 FCFA ; le rétablissement immédiat de l’accès à la salle de scanner pour tous les étudiants stagiaires affectés au service, afin de respecter les engagements académiques du CHUL », ont-ils clairement décliné.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*