
Libreville, 10 juin 2026-(Dépêches 241) Depuis quelques jours, la Direction générale de la Poste SA, par le biais d’un communiqué signé du ministre de la Communication et des Médias, Germain Biahodjow, a lancé une vaste opération consistant à recenser l’ensemble des épargnants de 2019, 2020 et 2021. Cette opération vise essentiellement à procéder à la mise à jour du fichier des épargnants de la Poste SA, notamment des victimes de la banqueroute de ladite société depuis 2017. Cependant, malgré l’engouement suscité par cet événement, de nombreux épargnants restent dubitatifs face à ce qu’ils considèrent comme un énième recensement et se demandent si cette opération ne se soldera pas, une fois encore, par un simple coup d’épée dans l’eau.
Comme indiqué dans le communiqué du ministère de la Communication et des Médias, l’opération d’identification des épargnants de la Poste SA a bel et bien débuté, notamment dans la capitale, Libreville, et s’étendra progressivement à l’intérieur du pays. Pour ces usagers de la Poste SA, cette opération n’est pas nouvelle, d’autant qu’avant celle-ci, d’autres ont déjà eu lieu sans malheureusement produire les effets financiers escomptés par les épargnants, qui attendent de rentrer en possession de leur dû depuis plusieurs années déjà.
Une situation qui tend à cristalliser les inquiétudes des nombreuses victimes de ce qui a été qualifié de banqueroute de la Poste SA. Toutefois, le nouveau programme lancé par la Poste, avec à sa tête M. Alfred Ikaka Bobe, fraîchement nommé directeur général, sonne comme une nouvelle raison d’espérer, malgré les nombreuses promesses non tenues de l’État gabonais. L’espoir est d’autant plus permis que le nouveau dispositif de recensement semble aujourd’hui plus inclusif que par le passé. Personne ne semble être laissé pour compte. Quel que soit l’endroit où l’on se trouve sur le territoire national, il suffit de se rendre au bureau de poste le plus proche de son lieu de résidence pour se faire enregistrer et, le cas échéant, ouvrir la plateforme internet ou l’application dédiée afin de vérifier son éligibilité.
L’opération vise non seulement à permettre aux retardataires de s’inscrire, mais elle permettra également à la société de connaître le nombre exact de bénéficiaires et, parmi eux, ceux qui sont encore en vie et ceux qui ne le sont plus. Permettant ainsi à la Poste d’envisager des solutions de remboursement aux ayants droit. À ce stade, l’opération revêt un caractère nécessaire en vue de permettre à chaque épargnant de recouvrer son dû le moment venu. D’ailleurs, avant de procéder au paiement, une autre opération devrait avoir lieu. Celle-ci consistera à demander à chaque épargnant de fournir à la Poste, via les canaux qui seront indiqués, son relevé d’identité bancaire (RIB). Les paiements étant prévus, a priori, par virement bancaire.
Et pourtant, malgré toutes ces assurances destinées à apaiser les inquiétudes et à garantir un paiement plus proche que jamais, la probabilité d’un aboutissement final de toute cette opération éprouve le plus grand mal à résister au doute raisonnable. Selon une certaine opinion, il ne s’agit pas d’un manque de confiance envers les autorités, mais bien d’une situation déjà vécue qui tend invariablement à se répéter dans le temps, sans que les résultats obtenus ne débouchent sur quelque chose de concret. Dans ces conditions, les épargnants s’y rendent certes, mais hésitent encore à croire que cette fois-ci le nouveau directeur général et le gouvernement auraient finalement trouvé la solution miracle.
Les craintes semblent si fortes que certains anticipent déjà une nouvelle désillusion. Il ne s’agit ni d’un souhait ni d’un pessimisme volontaire, mais d’une perception qui repose légitimement sur une expérience vécue depuis beaucoup trop d’années. Dans ce contexte, il revient aux plus hautes autorités de l’État et à la Direction générale de la Poste de faire la démonstration de leur détermination à finaliser ce dossier. D’ailleurs, certains observateurs considèrent cette nouvelle opération d’identification comme un test pour la nouvelle Direction générale de la Poste SA. À défaut des résultats visés, tous les moyens mobilisés pour cette option d’envergure ne serviraient qu’à une nouvelle manœuvre de communication, qui enterrerait définitivement l’espoir des victimes de la gestion scabreuse de cette société.
Au-delà du simple recensement, cette opération constitue un véritable test de crédibilité pour les autorités gabonaises et la nouvelle équipe dirigeante de la Poste SA. Après plusieurs années d’attente, les épargnants ne réclament plus de nouvelles promesses, mais des actes concrets et des remboursements effectifs. Si cette initiative débouche enfin sur une solution durable, elle pourrait restaurer la confiance entre l’État et des milliers de citoyens lésés. Dans le cas contraire, elle ne fera que renforcer davantage le sentiment de désillusion qui accompagne ce dossier depuis près d’une décennie déjà.







