
Libreville, le 16 Juin 2026-(Dépêches 241). Le Ministère de l’Éducation Nationale traverse une période houleuse, déclenchée par un audit mené par les services spécialisés du Ministère des Finances et des Comptes Publics, sur instruction du chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema. Une opération qui, d’apparence, ne semble épargner personne, éclaboussant au passage aussi bien les cadres dirigeants dudit ministère que les subalternes. Seulement, depuis l’arrestation de plusieurs fonctionnaires qualifiés de marginaux de la Direction Centrale des Affaires Financières de ce département ministériel, la hiérarchie, elle, ne semble toujours pas inquiétée. Aucune audition connue du ministre plusieurs jours après le début de cette affaire. Une situation particulièrement inquiétante qui laisse poindre dans l’opinion l’idée d’une justice à deux vitesses, surtout quand on se souvient de l’affaire Ogowé Siffon, ex ministre du tourisme, aujourd’hui au gros bouquet, également pour des faits supposés de détournements.
Il aurait fallu que chef de l’État Brice Clotaire Oligui Nguema, exige un audit au sein du Ministère de l’Éducation Nationale et de l’Instruction Civique pour se rendre compte que ledit ministère hébergeait en son sein un réseau tentaculaire destiné à absorber, à l’ombre des projecteurs et à l’abri de tout soupçon, des sommes faramineuses au bénéfice de particuliers, alors que de nombreux fonctionnaires de ce secteur, principalement les enseignants, crient à la pauvreté un peu plus chaque jour. Selon les premiers éléments de l’enquête, les méthodes de surfacturation et les faux bons de caisse utilisés ne datent pas d’aujourd’hui, le groupe exercerait frauduleusement depuis plusieurs années. Ce qui interroge sur le management et la gestion actuelle de ce ministère, d’autant plus que la ministre actuelle est chargée de ce département depuis près de cinq ans.
Certes, cette opération a permis de mettre à découvert la nébuleuse, mais au stade actuel des enquêtes, rien ne semblerait augurer d’un effondrement total de ce réseau. Une situation qui inquiète et interroge quant à la crédibilité de cette opération. D’autant que ce n’est pas la première fois qu’un rapport d’audit accuse sans ambages une administration de malversations financières, sans que l’objectif escompté ne soit atteint.
Chose étrange, alors que le rapport révèle la disparition, par des circuits opaques, de plus de 700 millions de francs CFA, seule une vingtaine de personnes issues de la Direction Centrale des Affaires Financières seraient aux arrêts. Et pourtant, tout semble indiquer que, pour une telle opération, il est nécessaire d’avoir l’implication de cadres supérieurs disposant du pouvoir d’ordonner les crédits.
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Pire, certains des présumés accusés pointent directement la hiérarchie, principalement la ministre d’État, Camélia Ntoutoume Leclercq. Estimant qu’en tant que simples billeteurs, ils n’ont pas le pouvoir de déclencher le décaissement des fonds et que seule la ministre disposerait de cette prérogative.
Certes, la parole d’un accusé redoutant les geôles demeure sujette à caution, mais plusieurs interrogations légitimes restent sans réponse. Pourquoi, à ce stade de l’enquête, ni la ministre d’État ni son entourage le plus proche ne semblent inquiétés par cette opération ? Doit-on penser que la ministre et ses proches seraient protégés dans certaines strates du pouvoir ? Si tel est le cas, à quoi sert d’avoir déclenché une telle enquête si le chef du département ministériel semble intouchable ? Seule la suite de cette affaire permettra de répondre à ces questions.
Mais, au-delà du questionnement, la réalité actuelle s’impose implacablement : seuls les agents situés à la marge de ce réseau semblent avoir été interpellés. Le centre demeure dans la quiétude. Une situation qui pourrait participer à rendre illisible cet audit et multiplier les interrogations sur la transparence de l’opération. Certains observateurs, sceptiques, estiment même déjà que cette enquête ne serait probablement qu’une nouvelle opération de communication destinée à rehausser la côte de popularité du Chef de l’État. Il faut dire que l’omerta qui caractérise actuellement la ministre Camélia Ntoutoume sur cette situation ne rassure pas et semble traduire une continuité du système, fondé sur l’injustice et l’impunité, déjà bien enracinées sous Ali Bongo Ondimba.
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Au regard des éléments actuellement connus, l’affaire des détournements présumés au ministère de l’Éducation Nationale soulève davantage de questions qu’elle n’apporte de réponses. Si l’audit a permis de mettre en lumière un système de malversations d’une ampleur considérable, l’absence d’auditions ou de poursuites visant les plus hautes personnalités du ministère alimente les soupçons d’un traitement sélectif de la justice. Pour dissiper les doutes et restaurer la confiance de l’opinion publique, les autorités devront démontrer que cette enquête ira jusqu’à son terme, sans considération de rang, de fonction ou de proximité avec le pouvoir. Car dans un État de droit, la lutte contre la corruption ne peut être crédible que si elle s’applique à tous, avec la même rigueur.







