Crise à l’éducation nationale: Les sortants ENS et ENSET 2025 dénoncent une tentative d’intimidation de la tutelle

Les enseignants récemment sortis de l’ENS et l’ENSET y voient une tentative d’intimidation dans la note de leur tutelle, relative à la « mise en cohérence des affectations et des présences au poste ».

Libreville, le 26 mai 2026-(Dépêches 241). La tension semble ne pas redescendre entre le ministère de l’Éducation nationale et les enseignants sortants des écoles normales supérieures du Gabon. Dans un communiqué rendu public le 22 mai dernier, le collectif des sortants ENS et ENSET 2025 accuse la tutelle de vouloir exercer une pression sur eux, à travers une note administrative relative à la « mise en cohérence des affectations et des présences au poste ». Une démarche que les concernés interprètent comme une tentative d’intimidation visant à détourner l’attention des véritables difficultés auxquelles ils sont confrontés depuis plusieurs mois sur le terrain.

Dans leur déclaration, les jeunes enseignants rappellent avoir été régulièrement affectés sur l’ensemble du territoire national après des concours organisés par l’administration compétente, une formation assurée par l’État et une prise de service effective reconnue par les autorités administratives elles-mêmes. Pourtant, dénoncent-ils, plusieurs d’entre eux demeurent toujours sans mise en solde effective, malgré leur présence dans les établissements depuis novembre 2025. Une situation qu’ils jugent contraire aux dispositions de l’article 169 du Statut général de la Fonction publique, lequel prévoit que la rémunération et les droits sociaux courent à partir de la prise de service.

Le collectif affirme également que les autorités ignorent volontairement les réalités sociales vécues par ces enseignants envoyés dans des localités parfois reculées, sans garanties minimales de subsistance. Certains disent survivre grâce au soutien des populations locales, des préfets ou des proviseurs qui leur fournissent logement et assistance alimentaire. Pour les signataires du communiqué, exiger des enseignants qu’ils rejoignent ou demeurent à leur poste sans traitement salarial ni protection sociale revient à « dévaloriser les agents publics » et à les condamner à une précarité incompatible avec la dignité humaine et les principes du Code du travail gabonais.

Le collectif évoque par ailleurs un précédent dramatique ayant profondément marqué les promotions sortantes. Les enseignants rappellent notamment le décès, en 2022, d’une ancienne étudiante du département de philosophie affectée à Mimongo, dans la province de la Ngounié, dans des conditions qu’ils estiment indignes et sans véritable accompagnement administratif ou matériel. « Plus jamais ça », martèlent-ils, tout en accusant l’administration de ne pas garantir la protection prévue par le Code de déontologie de la Fonction publique.

Au-delà des questions sociales, les enseignants dénoncent également une gestion opaque du protocole additionnel de sortie de crise signé avec plusieurs membres du gouvernement, dont le vice-président du gouvernement, le ministre de l’Éducation nationale et celui de la Fonction publique. Selon eux, les engagements relatifs à la mise en solde progressive des enseignants ne sont pas respectés. Ils s’interrogent notamment sur l’absence de publication des listes promises pour les mois d’avril et de mai, malgré les demandes répétées de transparence. Pour le collectif, cette opacité nourrit un sentiment d’injustice et de traitement inégal entre agents appartenant pourtant à une même promotion.

En somme, les sortants ENS et ENSET 2025 assurent ne poursuivre aucun objectif de confrontation avec les institutions républicaines. Ils disent réclamer uniquement l’application stricte des textes en vigueur et le respect des engagements pris par les autorités. S’appuyant sur les garanties prévues par le Statut général de la Fonction publique, ils avertissent qu’aucun agent public ne devrait subir de représailles pour avoir dénoncé des pratiques contraires à la loi. Une sortie qui met une nouvelle fois en lumière les profondes fragilités structurelles du système éducatif gabonais et les tensions persistantes entre l’administration et ces jeunes fonctionnaires.

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