
Libreville, le 13 juillet 2026-(Dépêches 241) La Société Équatoriale des Mines (SEM) traverse une zone de fortes turbulences qui alimente les interrogations sur sa situation réelle. Depuis près de trois mois, plusieurs agents de l’entreprise dénoncent des retards récurrents dans le paiement de leurs salaires, une situation qui fragilise de nombreuses familles dont les revenus dépendent exclusivement de cette activité. À ces difficultés sociales s’ajoute la décision du gouvernement gabonais de suspendre, à titre provisoire, les permis de recherche et d’exploration minières sur l’ensemble du territoire national, une mesure qui affecte profondément le secteur.
Mis en place sous la Transition à l’initiative de l’ancien ministre des Mines, Hervé Patrick Opiangah, dans le contexte des réformes engagées après le 30 août 2023, le dispositif de permis miniers pour les exploitants d’Or visait à mieux encadrer les activités des petits exploitants et à leur permettre d’exercer dans un cadre légal. Cette réforme avait été accueillie favorablement par de nombreux acteurs du secteur, qui y voyaient une opportunité de formaliser leurs activités tout en contribuant davantage aux recettes de l’État. La suspension provisoire de ces autorisations semble venue interrompre cette dynamique, laissant de nombreux exploitants gabonais et étrangers dans l’incertitude.
Sur le terrain, les conséquences se font déjà ressentir. Privés d’autorisations d’exploitation et confrontés à l’arrêt de leurs activités, de nombreux opérateurs peinent à maintenir leurs revenus. Dans le même temps, les difficultés internes de la SEM, notamment les retards de paiement des salaires, renforcent les inquiétudes. Plusieurs observateurs regrettent l’absence de communication officielle de l’entreprise, qui n’a, jusqu’à présent, fourni aucune explication détaillée ni sur les causes des retards de rémunération de ses agents, ni sur les implications concrètes de la suspension des permis miniers.
Une situation qui interpelle et qui interroge
Ce silence nourrit les spéculations et soulève des interrogations sur la gouvernance ainsi que sur la santé financière de la SEM. Alors que cette société occupe une place stratégique dans le développement du secteur minier artisanal et semi-industriel au Gabon, les acteurs concernés attendent désormais des clarifications des autorités compétentes. Une communication transparente permettrait de rassurer les employés, les exploitants et l’ensemble des partenaires du secteur sur les perspectives de reprise des activités surtout que, de façon totalement inattendue, un conseil d’administration prévu le 26 juin 2026 a été annulé sans aucune explication.
Face à cette situation, l’urgence réside autant dans la régularisation des salaires des agents que dans l’apport d’explications claires sur les motivations de la suspension des permis miniers. Dans un secteur aussi stratégique pour la diversification de l’économie gabonaise, le maintien de la confiance passe nécessairement par la transparence, le dialogue et une visibilité sur les mesures envisagées pour sortir durablement de cette période d’incertitude.







