Grève à l’USTM : 700 millions de FCFA mobilisés pour tenter de ramener les enseignants en classe

À la demande du président de la République, le gouvernement a mis à la disposition de l’USTM une enveloppe de 700 millions comme avance sur les 1,2 milliards dûs © Dépêches 241

Libreville, le 13 juillet 2026 (Dépêches 241). Quelques jours seulement après la suspension des activités pédagogiques décidée par le Syndicat national des enseignants-chercheurs de l’Université des sciences et techniques de Masuku (SNEC-USTM), le gouvernement gabonais tente d’éteindre l’incendie social. Sur instruction du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, une première enveloppe de 700 millions de francs CFA devrait être versée dans les prochains jours afin d’apurer une partie des vacations de l’année académique 2024-2025. Une initiative destinée à favoriser une reprise des cours, sans pour autant solder définitivement le différend.

La décision du SNEC-USTM de suspendre les enseignements, prise à l’issue de l’assemblée générale du 10 juillet dernier, traduisait l’exaspération des enseignants-chercheurs face au non-paiement de leurs vacations. Malgré la levée d’un précédent mouvement de grève en février, les personnels avaient poursuivi leurs activités dans l’attente du règlement de leurs quotas horaires, espérant un geste rapide des autorités. 

La suspension des cours pour contraindre l’État à agir

Faute de réponse jugée satisfaisante, ils ont finalement opté pour un arrêt des cours jusqu’au paiement des sommes dues, faisant planer une nouvelle menace sur le calendrier universitaire et sur le parcours de milliers d’étudiants.

Face à cette montée des tensions, l’exécutif a décidé d’accélérer le traitement du dossier. Selon des informations rapportées par L’Union, une vérification des créances a permis de ramener le montant global des vacations dues à 1,2 milliard de francs CFA. Sur cette somme, 700 millions de francs CFA sont déjà disponibles sur les comptes de l’agence comptable de l’USTM et devraient être versés dans les prochains jours, tandis que le reliquat sera réglé ultérieurement.

700 millions disponibles, mais une crise pas encore totalement résolue

Le gouvernement présente cette opération, décidée sur instruction du chef de l’État, comme une réponse immédiate aux revendications des enseignants et une traduction de sa volonté d’améliorer les conditions de travail dans l’enseignement supérieur.

Reste désormais à savoir si cette première enveloppe suffira à convaincre les enseignants-chercheurs de reprendre les cours. Si cette avancée constitue un signal d’apaisement et témoigne d’une volonté de l’État de mettre un terme au conflit, elle ne règle pas les difficultés structurelles dénoncées depuis plusieurs années par le SNEC-USTM. 

Les responsables syndicaux pointent notamment l’augmentation continue du volume des vacations, conséquence de l’ouverture de nouvelles filières et de l’insuffisance des recrutements d’enseignants permanents. Au-delà du règlement des arriérés, c’est donc toute la gouvernance du financement de l’enseignement supérieur public qui demeure posée, avec en toile de fond la nécessité de garantir durablement la continuité du service public universitaire.

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