
Libreville, le 28 juillet 2026-(Dépêches 241) Devant les sempiternels retards pris par le Projet intégré d’alimentation en eau potable de Libreville (PIAEPAL), censé mettre fin au calvaire des populations lié à l’absence d’eau dans le Grand Libreville, le président de la République, chef de l’État et chef du gouvernement, Brice Clotaire Oligui Nguema, a annoncé la suspension immédiate de tout paiement relatif à ce projet. Selon toute vraisemblance, le chef de l’État souhaiterait avoir une vision claire de la dépense publique, tout en ayant à cœur l’assainissement de la dette du pays, considérant que la connaissance et la maîtrise de la situation financière réelle du Gabon constituent un préalable majeur avant tout accord avec le Fonds monétaire international (FMI).
Selon les informations relayées par nos confrères de Biba241, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, aurait instruit le Trésor public de suspendre tous les paiements liés au Projet intégré d’alimentation en eau potable de Libreville (PIAEPAL). L’annonce aurait été faite le 23 juillet dernier, lors d’une interview que le numéro un gabonais a accordée à Africa24, à l’occasion de sa visite officielle en France, il y a quelques jours.
Oligui Nguema suspend les paiements et exige des résultats
Le chef de l’État aurait indiqué que plus aucun décaissement ni paiement ne serait effectué tant que l’eau ne coulera pas dans les robinets des populations. Une décision certes perçue comme radicale, mais qui aura le mérite de permettre aux autorités d’avoir une vision claire de la gestion des grands projets dont les financements émanent des bailleurs de fonds internationaux.
Le président de la République s’insurge contre une situation qui tend à s’installer dans le pays comme une coutume, consistant à financer un même projet à plusieurs reprises sans que celui-ci n’arrive à son terme. Il a ainsi rappelé, au cours de cet entretien, que le projet PIAEPAL avait déjà été financé à hauteur de 150 milliards de francs CFA, grâce à un cofinancement de la Banque africaine de développement (BAD). Malgré cela, de nombreux foyers gabonais, notamment dans le Grand Libreville, sont toujours à la recherche du précieux liquide.
Aujourd’hui, pour ce même projet, l’État a dû signer une nouvelle convention avec le groupe SUEZ pour la somme de 120 milliards de francs CFA. Ainsi, pour un même chantier, l’État finance deux fois et s’endette tout autant. Le président a également cité le projet routier Ndendé-Doïssala, lui aussi financé par les mêmes partenaires, mais qui demeure inachevé malgré les financements mobilisés.
À en croire le président Oligui Nguema, ces situations illustrent parfaitement le fait que quelque chose ne fonctionne manifestement pas. Dans ces conditions, il est désormais impérieux de revoir tous les mécanismes de suivi et de contrôle des grands projets financés par les bailleurs de fonds internationaux. Par cette mesure, le chef de l’État affiche sa volonté de clarifier les mouvements financiers entre les fonds publics et les emprunts contractés auprès des institutions financières extérieures.
Audit des finances publiques et clarification de la dette avant le FMI
Au regard de ce qui précède, il va de soi que le programme entre le FMI et l’État gabonais prendra sans doute un peu plus de temps avant d’être signé. C’est dans cette perspective que le président a également annoncé un audit des finances publiques, dont l’objectif est de connaître le niveau réel d’endettement du pays. Cette démarche permettra d’élaborer, avec le FMI, un programme adapté à la situation financière réelle du Gabon. Le chef de l’État entend à tout prix éviter que le pays continue à rembourser une dette dont les résultats demeurent peu visibles et peu perceptibles pour les populations gabonaises.
S’agissant des agences de notation, qui ont toutes classé le Gabon dans une situation de risque élevé de défaut de paiement, le chef de l’État a estimé que ces évaluations sont certes importantes, mais qu’elles n’ont pas d’impact direct sur le quotidien des Gabonais. Sa priorité, a-t-il affirmé, demeure la recherche de solutions concrètes aux préoccupations des populations. Il a également appelé les partenaires financiers à reprendre les discussions sur le projet PIAEPAL afin d’expliquer les difficultés rencontrées dans son exécution. Une étape qu’il considère comme indispensable avant toute reprise des paiements.
Joint au téléphone par la rédaction de Dépêches 241 afin de recouper cette information, un proche du ministre de l’Eau et de l’Énergie a assuré ne pas être en mesure de répondre au moment de la rédaction de cet article.
En suspendant les paiements liés au PIAEPAL, Brice Clotaire Oligui Nguema envoie un signal fort en faveur d’une gestion plus rigoureuse des finances publiques et d’un meilleur contrôle des projets financés par les bailleurs internationaux. Si cette décision risque de ralentir davantage l’exécution du projet, elle traduit néanmoins la volonté des autorités de faire toute la lumière sur l’utilisation des fonds déjà engagés avant d’autoriser de nouveaux décaissements.
Reste désormais à savoir si cette stratégie permettra enfin d’accélérer l’accès durable à l’eau potable pour les populations du Grand Libreville.







