
Libreville, le 31 Juillet 2026 – (Dépêches 241). Il n’aura tenu que quelques jours en terre gabonaise. Wilfried Okouma Kamitatou, ce trublion des réseaux sociaux qui menait la vie dure aux autorités depuis Blois-Chambord, a été cueilli jeudi par la Police judiciaire. Une de ses premières nuits sur le sol natal, il l’aura passée non pas dans les bras de sa famille, mais entre les murs d’un commissariat. Les motifs de son interpellation restent pour l’heure un mystère bien gardé.
L’homme derrière le pseudonyme s’appelle en réalité Pierre-Wilfried Okoumba. Pendant treize ans, depuis son exil français, il avait construit sa notoriété à coups de vidéos et de messages vocaux qui circulaient comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux gabonais. Aucun régime n’y échappait, ni le clan Bongo hier, ni les tenants de la transition, ni même l’actuel Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguéma. Une audience considérable, mais aussi, forcément, une liste d’ennemis qui s’allongeait au même rythme que ses interventions et des ses diatribes émises depuis Blois-Chambord.
Son retour au pays, le 24 juillet dernier, avait déjà mis la puce à l’oreille de plus d’un observateur. Débarquant à l’aéroport Léon-Mba sans le moindre bagage et cueilli par les caméras de la télévision publique, l’activiste avait invoqué des raisons familiales, notamment la santé fragile de sa mère, pour justifier ce revirement spectaculaire. Il était même allé jusqu’à s’excuser publiquement, admettant avoir parfois franchi certaines limites dans ses prises de parole en raison de l’émotion portée par le combat.
Mais la contrition n’aura pas suffi à éteindre l’incendie. Le député Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, ex-directeur général de la Dette, a porté plainte contre lui pour diffamation. Avant l’élu d’Akanda c’est Marc Ona Essangui, sénateur qui s’était insurgé et indigné de la façon avec laquelle « Kamitatu » avait été accueilli.
Reste à savoir si cette procédure et ces levées de bouclier ont un quelconque lien avec la garde à vue de jeudi. Sur ce point, silence radio du côté des autorités judiciaires, qui n’ont livré aucune précision selon nos confrères de Gabon Actu.
En attendant, « Kamitatou » demeure présumé innocent des faits qui pourraient lui être reprochés, mais a passé sa première nuit dans les locaux de la Police Judiciaire.







