
Libreville, le 11 septembre 2026-(Dépêches 241). Sur la dette des entreprises publiques, le Gabon accuse un décalage avec certains de ses voisins. Le Département d’État américain relève que les informations gabonaises accessibles sur les obligations de dette sont limitées et excluent celles des sociétés publiques. Dans le même exercice, le Cameroun est crédité d’une publication de ses obligations financières actualisée trimestriellement et couvrant les entreprises publiques.
La comparaison est instructive parce que les deux pays sont confrontés au même problème de fond : distinguer la dette directement contractée par l’État de celle portée par les entreprises qu’il contrôle. Yaoundé n’est d’ailleurs pas exempt de critiques : les allocations accordées à ses sociétés publiques et les revenus qu’elles génèrent ne sont pas suffisamment détaillés, tandis que peu d’entre elles produisent des états financiers.
Mais sur le périmètre précis de l’endettement, la différence reste nette dans le diagnostic américain. Le Congo publie lui aussi des informations sur les obligations de dette des principales entreprises publiques. À l’inverse, la RCA et le Tchad ne publient pas suffisamment ces informations. La CEMAC apparaît ainsi coupée entre États ayant commencé à ouvrir cette partie de leurs comptes et ceux où elle reste peu visible.
Pour le Gabon, cette comparaison est d’autant plus importante que l’information sur les sociétés publiques permettrait de mieux apprécier le risque du secteur public au sens large. Toutes leurs dettes ne doivent évidemment pas être additionnées mécaniquement à la dette souveraine : la nature des obligations, les garanties éventuelles et la situation financière de chaque entreprise doivent être examinées séparément.
Le Cameroun montre néanmoins qu’une publication plus régulière et plus large est possible dans le même environnement régional. La question pour Libreville devient alors moins technique que politique : jusqu’où l’État veut-il étendre le périmètre de la transparence ? Après le budget central et la dette souveraine, les engagements financiers de ses propres entreprises constituent l’une des prochaines frontières.







