Chantiers à l’arrêt : Manfoumbi Manfoumbi nage-t-il à contre-courant de la volonté d’Oligui Nguema ?

Le ministre des transports Ulrich Manfoumbi Manfoumbi tente de se faire l’avocat des entreprises attributaires dans la province de la Nyanga.

Libreville, le 14 septembre 2026-(Dépêches 241) Alors que le président de la République, chef de l’État, chef du gouvernement, Brice Clotaire Oligui Nguema, essaie de lutter contre le phénomène des éléphants blancs et la tendance de certaines entreprises à ne pas achever les chantiers financés par l’État et ses partenaires, un de ses lieutenants, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, une figure bien connue du grand public gabonais pour avoir été le porte-parole du CTRI pendant la transition, et actuel ministre des Transports, semble prendre une position contraire à celle du chef de l’État. Il semble se positionner en avocat défenseur des entreprises dont les chantiers sont en retard d’exécution des travaux. Une situation qui suscite de nombreuses interrogations et suspicions quant à de potentiels intérêts occultes. 

Depuis sa prise de pouvoir, d’abord en tant que président de la transition, puis en tant que président de la République élu, Brice Clotaire Oligui Nguema ne cesse d’interpeller la conscience collective, et particulièrement celle des entrepreneurs à qui l’État a octroyé les marchés, afin que les pratiques du passé soient définitivement abandonnées. Sous le régime irresponsable des Bongo-Valentin, les éléphants blancs étaient devenus une pratique coutumière. Les sociétés qui bénéficiaient des marchés publics avaient toujours des retards de livraison des chantiers et, le plus souvent, certains travaux n’allaient pas à leur terme.

Fort de ce constat regrettable,  le président Oligui Nguema, du mieux que possible, tente d’endiguer ce phénomène, met un coup de pression sur les sociétés attributaires, à travers des rappels réguliers à l’ordre, des visites inopinées sur le terrain et, le cas échéant, en poursuivant certains responsables de ces entreprises en justice. L’objectif étant, sans conteste, de faire en sorte que chacun fasse le travail pour lequel il est payé.

L’impensable contre-courant de Manfoumbi Manfoumbi 

Mais, à la surprise générale, alors que même le jeune opposant et porte-parole de la formation politique Ensemble pour le Gabon (EPG) Giovanni Boulingui, est vent debout contre les entreprises qui semblent parfois avoir abandonné les travaux sur le terrain à Tchibanga, le ministre des Transports, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, un des hommes forts du régime de Brice Clotaire Oligui Nguema, opte pour une plaidoirie en faveur de ces sociétés dont les retards et l’abandon des travaux sur le terrain ne sauraient se justifier. Suscitant ainsi de nombreuses questions aussi bien parmi les soutiens du chef de l’État que parmi ses détracteurs.

Dès lors, pourquoi le ministre des Transports et de la Marine marchande, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, se fait-il l’avocat des entreprises attributaires des chantiers dans la Nyanga ? Qu’est-ce qui peut expliquer que l’ex-porte-parole du CTRI se vautre dans la défense des entreprises retardataires, quand le chef de l’État exige la poursuite et le respect des délais de livraison ? Doit-on comprendre que l’ancienne égérie du CTRI nage à contre sens de la vision du président de la République ? Autant de questions que se pose l’opinion publique gabonaise.

Quand un ministre d’Oligui Nguema se fait l’avocat des entreprises 

Selon certains observateurs, le colonel Ulrich Manfoumbi Manfoumbi aurait volontairement choisi de défendre ces entreprises pour des intérêts qui, pour l’heure, échappent complètement à l’opinion. Il semble justifier les retards de certains travaux ou leur arrêt par les difficultés d’approvisionnement en matériaux et à l’insuffisance des financements. Au lieu de s’inscrire dans la même logique pragmatique du numéro un gabonais, en incitant davantage les entreprises à aller jusqu’au terme des travaux engagés, le ministre se fait leur porte-voix et semble plutôt les encourager à prendre leur temps. Créant ainsi une forme d’incompréhension parmi les populations gabonaises, notamment celles de la province de la Nyanga.

L’intervention du ministre est d’autant plus choquante alors que la province de la Nyanga, notamment sa capitale Tchibanga, compte parmi les chefs-lieux de province les moins avancés du pays. À travers cette intervention, le colonel ne semble pas pressé de voir sa terre natale prendre une coloration plus vive et moderne. Au contraire, pour lui, le retard d’un chantier ne signifie pas nécessairement l’arrêt des travaux et l’arrêt momentané des travaux ne renvoie pas forcément à un arrêt définitif. Ainsi, au lieu de pousser à l’accélération des travaux, pour donner une note de modernité à la ville, il semble se complaire encore devant la vue de ces anciennes bâtisses, de ces routes en latérite, dont la poussière, à chaque passage de véhicule, inonde les foyers des habitants environnants.

L’opposition moins laxiste que les soutiens du président face aux entreprises attributaires de la Nyanga 

Quant Giovanni Boulingui, jeune opposant, semble être habité par la mise en musique de la politique de développement infrastructurel financée pour près de 7 milliards de francs CFA par les fonds publics, les partisans du régime, eux-mêmes, semblent le boycotter et se montrent parfois plus patients de voir le pays se développer que les opposants au régime. Dans ce contexte, le ministre estimait que : « Ce n’est pas parce qu’il y a un arrêt momentané d’un chantier que celui-ci n’ira pas à son terme », avait-il affirmé. Un paradoxe  saisissant et qui incite davantage à pleurer qu’à une situation de sérénité.

Et la situation est d’autant plus révélatrice et choquante qu’elle provient d’un membre influent du nouveau régime de Libreville. Ce qui ferait penser à une certaine opinion que le ministre serait contre la politique de développement chef de l’État. Car rien ne saurait justifier le fait qu’un ministre, sur des questions aussi urgentes et importantes que la construction d’infrastructures modernes, considérées comme le baromètre au travers duquel les populations jugent le président, se permette de prendre le chef de l’État à contre-pied.

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