
Libreville, le 27 octobre 2026 – (Dépêches 241). La bataille au sein du Parti Démocratique Gabonais (PDG) s’annonce particulièrement rude. D’un côté, le clan d’Ali Bongo Ondimba qui appelle à la discussion, au dialogue et à la réunification; de l’autre, celui de Blaise Louembe, qui se prépare à organiser un congrès dans quelques semaines, au mépris des mises en garde du couple Ali Bongo/Ali Akbar. Une situation qui pourrait précipiter l’ancien Parti au pouvoir à se retrouver dans un scénario encore inimaginable, il y a 3 ans: une formation politique avec deux récépissés, deux présidents et un horizon incertain.
Le risque de scission est désormais grand au Parti Démocratique Gabonais (PDG). L’ancienne formation politique qui a régné au Gabon pendant plus de quatre décennies est secouée par un bicéphalisme qui pourrait bientôt l’emporter. C’est en tout cas le sens de l’engagement du Secrétaire Général nommé par Ali Bongo Ondimba, Ali Akbar Onanga. « La priorité aurait dû être la recherche d’un terrain d’entente entre les deux camps », souligne l’ancien Ministre d’Ali Bongo.
Pour Ali Akbar Onanga, l’exigence est claire: pas de congrès sans concertation préalable. Il n’a pas manqué d’évoquer l’article 64 de la loi n°016/2025 du 27 juin 2025 sur les Partis politiques, lequel prévoit explicitement des motifs de suspension d’un Parti, dont le bicéphalisme et la prolongation anormale d’une scission. Le message est donc limpide: la persistance de la crise interne au PDG pourrait conduire à sa suspension de toute activité politique.
De l’autre côté, se trouve le couple Blaise Louembe/ Angélique Ngoma qui semble désormais avoir des œillères. Soupçonné d’être perfusé par les nouveaux tenants du pouvoir à Libreville, le clan Louembe semble se fermer à toute discussion, en ignorant volontairement la main tendue de leur ancien Distingué Camarade Président (DCP).
Une situation qui n’est pas sans rappeler celle de plusieurs formations politiques qui ont connu des troubles, des suspensions et parfois des scissions débouchant sur plusieurs ailes ou courants au sein d’une même famille politique. Les cas de l’Union du Peuple Gabonais (UPG) de feu Pierre Mamboundou, le Morena de Simon Oyono Aba’a, et le Rassemblement National des Bûcherons (RNB), ou plus récemment du Parti Réagir, en sont les illustrations les plus éloquentes.
Une chose semble au moins sûre: les prochaines semaines s’annoncent particulièrement intenses au sein du PDG, au regard des postures des deux camps, qui semblent à ce jour, irréconciliables. La survie du Parti fondé par feu Omar Bongo Ondimba est plus que jamais en jeu. Reste désormais aux Camarades d’en décider de son avenir ou de sa fin.







