
Libreville, le 30 Octobre 2026 – (Dépêches 241). La Légion Ouest de la Gendarmerie nationale, basée à Port-Gentil, connaît une recomposition notable de son encadrement. Du commandement adjoint de la Légion aux unités départementales et mobiles, plusieurs officiers ont été remplacés dans le cadre de mouvements qui interviennent après le décès du colonel Jean Délis Makita, survenu le 15 septembre 2026. Si les mutations relèvent des prérogatives ordinaires de la hiérarchie militaire, leur ampleur et leur concentration sur une même structure suscitent des interrogations sur les ressorts de cette réorganisation.
Dans la gendarmerie nationale, la fin d’année a ses usages. C’est la saison des affectations, des passations de commandement et des valises qu’on boucle, et nul n’y voit malice. La rotation des cadres est un principe cardinal de l’institution, gage de fraîcheur du commandement et garde-fou contre les habitudes trop installées. Mais la règle a ses nuances, et c’est l’ampleur du mouvement au niveau du commandement de Port-Gentil qui fait ici la différence.
À Port-Gentil, le commandant de la gendarmerie nationale n’a pas simplement ajusté quelques postes. Il a redessiné, de haut en bas, l’ossature de la Légion Ouest. Le décès, le 15 septembre 2026, du Colonel Jean Délis Makita a ouvert la séquence, et le remaniement qui a suivi a tout d’un grand nettoyage.
Les chiffres, ou plutôt les noms, parlent d’eux-mêmes. À la tête de la légion, le Colonel Cyrille Moudoumenene, remplace naturellement le Colonel Makita Jean Délis. C’est à partir de là que la suite a de quoi intriguer.
Le commandant de Légion adjoint Brice Opapa Kevin cède la place au commandant Biyoghe Abagha Serge. Au groupement départemental, le commandant Ngoua Thierry, secondé par le capitaine Mihindou Cassandra, est remplacé par le commandant Lebama Matsounga Alfred. Le groupement mobile change lui aussi de main : le commandant Mandoukou Landry quitte son poste au profit du commandant Igoue Corona Parfait.
Enfin, à l’escadron de gendarmerie mobile de Port-Gentil, le capitaine Legnongo Juvénal, dont l’adjoint Mouloungui Moussialli était également concerné, voit arriver le capitaine Collard Nzembidouma. Trois niveaux de commandement, quatre unités, une même logique de table rase : rares sont les mouvements qui touchent d’un seul geste l’état-major de la légion, ses deux groupements et son escadron mobile.
Reste la question que chacun se pose à mi-voix. Pourquoi maintenant, et pourquoi si largement ? Officiellement, aucun motif n’a été avancé, et l’on sait que « la grande muette » ne s’épanche guère sur les raisons de ses décisions. Certaines sources évoquent cependant des comportements peu recommandables qui auraient émaillé l’organisation des obsèques du Colonel Makita.
Rien, à ce stade, ne permet de confirmer ce lien, et la prudence commande de ne pas confondre coïncidence calendaire et relation de cause à effet. Il se peut que cette relève ne soit que l’habituel mouvement de fin d’exercice, simplement plus étoffé que d’ordinaire.
Mais dans une institution où chaque affectation est un message, le silence qui entoure celle-ci laisse le champ libre aux conjectures. Seul le temps, ou une prise de parole du commandement, dira si Port-Gentil assiste à une simple rotation ou à un avertissement adressé à toute la hiérarchie.







