Gabon: quand Engandji et l’Exécutif ne savent plus justifier le choix de 744 milliards pour Assala 

Les explications récentes du porte parole et conseiller du Candidat-Président Arnauld Engandji n’ont pas convaincu © DR

Libreville, le 7 avril 2025 – (Dépêches 241). Le débat sur le rachat d’Assala Energy par la Gabon Oil Company (GOC) prend une tournure de plus en plus tranchée à mesure que la présidentielle 2025 approche. Dans une récente sortie remarquée, Alain-Claude Bilie-By-Nze, principal opposant au général-président Brice Clotaire Oligui Nguéma, n’a pas mâché ses mots : « Assala est une catastrophe industrielle et financière ». Pour l’ancien Premier ministre, l’État gabonais s’est engagé tête baissée dans un gouffre budgétaire, préférant acquérir des actifs pétroliers en fin de vie plutôt que d’investir dans des filières structurantes et à forte valeur ajoutée comme le raffinage, la distribution ou la pétrochimie. 

Devant cet affront de l’ancien membre du gouvernement qui défend l’achat d’Assala présenté comme l’une des plus grandes réussites du CTRI, le pouvoir en place n’a pas tardé à réagir. En face, c’est Arnauld Engandji, ancien patron de la GOC, qui a tenté de défendre cette opération dans la presse. Pour lui, la véritable erreur aurait été de laisser filer les actifs de Shell vers un fonds d’investissement spéculatif, Carlyle, qui n’avait aucune ambition industrielle. Il revendique donc une forme de reprise de souveraineté économique, saluant le rôle de l’État comme acteur stratégique. Jusque-là, le discours semble tenir, du moins sur le papier. 

Mais très vite, le masque tombe. Engandji affirme qu’un vaste plan de sécurité énergétique est en cours, notamment via la construction de dépôts pétroliers. Une initiative louable, certes, mais bien maigre pour justifier une opération à 744 milliards FCFA au final. D’autant qu’il ne répond jamais à la question centrale posée par Bilie-By-Nze : pourquoi ce choix risqué de l’amont, alors que l’aval pétrolier, moins coûteux, plus accessible et créateur d’emplois, reste sous-développé ? 

Et que dire de la comparaison, ahurissante, entre le rachat d’Assala et l’implantation d’une station-service à Okandja ? Réduire une opération aussi lourde à un simple geste d’aménagement du territoire est une argutie grotesque qui tombe véritablement sous le sens. L’État gabonais ne joue pas à un jeu de rôle avec 744 milliards FCFA. Il s’agit ici de ressources publiques dans un contexte budgétaire sous tension, où chaque franc devrait être compté. 

En éludant les vraies questions, Arnauld Engandji laisse planer un doute légitime sur la viabilité économique et la rationalité de cette acquisition. Pendant ce temps, Bilie-By-Nze capitalise sur ce fiasco apparent pour affûter ses critiques et marquer une différence nette dans sa vision de l’avenir énergétique du Gabon. Le débat est lancé, mais les réponses, elles, tardent à venir. 

2 Commentaires

  1. eliehardingv12@gmail.com

    Alain Claude B bi Nze à raison pour investir dans une secteur en declin

  2. eliehardingv12@gmail.com

    Alain Claude B bi Nze à raison pourquou investir plus de 700milliards pour le rachat d’assala il t’as bien d’autres priorités

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