
Libreville, le 23 avril 2025 – (Dépêches 241). Depuis la prise de pouvoir par les autorités de transition en septembre 2023, le gouvernement gabonais affiche une volonté affirmée de réduire l’endettement public. Toutefois, les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 19 mois, le stock de la dette est passé de 7288 à 7208 milliards de FCFA, soit une baisse de seulement 80 milliards de FCFA, ce qui équivaut à moins de 1,1 % de l’encours total. Ce rythme lent interroge sur l’efficacité de la stratégie mise en place.
Des remboursements marginaux, des emprunts qui persistent. À ce jour, l’encours global de la dette publique gabonaise reste supérieur à 7200 milliards de FCFA, alors même que des tirages supplémentaires ont été effectués entre janvier et avril 2025. Selon des sources financières locales, les nouveaux tirages s’élèveraient à environ 130 milliards de FCFA sur les quatre premiers mois de 2025, notamment pour financer les dépenses de fonctionnement, les investissements de court terme et les salaires.
Emprunter pour rembourser était déjà la stratégie du régime déchu. Sous le CTRI, le gouvernement affirme réduire la dette tout en continuant de recourir aux marchés financiers, y compris auprès de banques commerciales nationales. Cette stratégie, bien que présentée comme du « désendettement actif », revient en réalité à substituer une dette à une autre, sans véritable réduction structurelle. Pire encore, le poids des intérêts reste élevé, ce qui limite la marge de manœuvre budgétaire.
Le Fonds monétaire international (FMI), qui évalue l’endettement du Gabon à plus de 70% du PIB, s’inquiète d’ailleurs de cette approche. Contrairement au gouvernement qui évoque un taux de 56%, l’institution de Bretton Woods intègre la dette sociale et les arriérés envers les agents publics et fournisseurs. Cette divergence de méthodologie ne masque pas la réalité : le pays reste sous pression financière constante.
Réduire l’endettement ne se résume pas à régler quelques échéances ou à effectuer des opérations comptables. Le Gabon doit adopter une politique rigoureuse de contrôle des dépenses, réduire les dépenses non essentielles et revoir ses priorités d’investissement. À ce rythme, la dette continuera de peser lourdement sur l’économie nationale. D’autant qu’en 2025, selon les documents officiels de la DGD, le gouvernement devrait avoir recours à des emprunts massifs.







