
Libreville, le 24 avril 2025 – (Dépêches 241). Une rhétorique sociale contredite par les allocations budgétaires. C’est comme cela que pourrait être résumé le discours gouvernemental sur l’empathie sociale. Un discours qui finalement peine à convaincre lorsqu’on scrute la Loi de finances 2025. Alors que les autorités affirment vouloir répondre aux urgences sociales, les dépenses de transferts sociaux baissent légèrement à 350,9 milliards FCFA, contre 352,2 milliards en 2024. Une baisse qui tranche avec l’augmentation des dépenses de biens et services de +94,5 milliards FCFA en un an, pour atteindre 378,6 milliards FCFA.
Le gouvernement consacre 13,1% des tirages extérieurs aux secteurs de l’éducation et de la formation professionnelle, et 6,3% à la santé. Ces chiffres, bien que visibles, restent faibles par rapport à la masse des besoins. Le Programme d’investissement dans le secteur éducatif (PISE) et les plans de renforcement des structures sanitaires ne semblent pas suffisamment couverts, surtout lorsque 36,9 % des tirages vont aux infrastructures routières.
Le poste des baux administratifs est budgétisé à 17,6 milliards FCFA. Ce montant dépasse celui alloué à plusieurs secteurs de développement réunis. Pourquoi maintenir un tel niveau de dépense quand l’État possède déjà de nombreux bâtiments publics ? L’inaction sur ce dossier nourrit l’idée d’un gaspillage d’argent public au profit de rentes bien établies.
Dans le même temps, les aides aux ménages, qu’elles soient sous forme de bourses, d’allocations ou de soutien alimentaire, manquent de lisibilité dans les documents budgétaires. Quels montants réels atteignent les populations vulnérables ? Quels critères de distribution sont appliqués ? L’absence d’indicateurs de résultats affaiblit toute revendication d’empathie sociale. L’urgence d’un pilotage plus rigoureux du social est de mise.
La faiblesse relative des allocations sociales, dans un budget total de 4 204,9 milliards FCFA, met en lumière une gestion qui reste plus rhétorique que structurelle. Pour que l’empathie affichée devienne politique publique réelle, il faudra rediriger des ressources importantes vers l’humain et documenter leur impact avec rigueur.







