Plaine-Orety: Ndong Sima désigné architecte des déguerpissements par la societé civile pro Oligui

L’ancien 1er ministre de la Transition est accusé par le nouveau régime d’avoir piloté et orchestré le déguerpissement inhumain des populations de Plaine-Orety ©MontageDépêches 241

Libreville, le 16 Juin 2025 – (Dépêches 241). Alors que les bulldozers n’ont laissé que ruines et désolation à Plaine-Orety, la colère gronde contre Raymond Ndong Sima, accusé par une partie de la société civile et des habitants d’être le principal responsable du dossier d’expropriation qui bouleverse la vie de centaines de familles. Retour sur une polémique qui place l’ancien Premier ministre au centre des critiques d’un pouvoir qu’il a servi avec reniement et résignation de ses propres idéaux républicains. 

Depuis le lancement de l’opération de destruction des habitations à Plaine-Orety, de nombreuses voix s’élèvent pour pointer du doigt Raymond Ndong Sima. Un groupe se revendiquant de la société civile dite « Moutouki » l’a directement impliqué, affirmant « détenir leurs informations du Président de la République » et le tenant pour responsable de la récente vague d’expulsions et de destructions de logements dans la zone. 

Ces accusations s’appuient notamment sur les faits suivants :

– En mai 2024, alors Premier ministre de la transition, Ndong Sima a présidé une réunion stratégique avec plusieurs membres du gouvernement autour du dossier des futurs déguerpissements à Plaine-Orety, zone déjà déclarée d’utilité publique. Il a explicitement instruit le ministre de l’Habitat « de respecter les délais, notamment en accélérant les processus liés au déguerpissement ».

– Les instructions de Ndong Sima visaient à centraliser les administrations et à réduire les coûts de location pour l’État, mais elles ont aussi contribué à précipiter le sort des habitants, dont beaucoup affirment ne pas avoir été indemnisés.

Un acteur de la société civile, relayé par le député Lionel Engonga, réclame aujourd’hui une enquête parlementaire pour faire toute la lumière sur « la chaîne de décision ayant conduit à cette démolition, d’identifier les responsabilités, évaluer les préjudices causés, vérifier les indemnisations et le relogement » Pour ces détracteurs, la responsabilité de Ndong Sima est claire: « Il a donné les instructions, il a accéléré le dossier, il doit aujourd’hui rendre des comptes ».

« Il doit répondre de ses actes »

Pour les familles sinistrées et leurs soutiens, la brutalité de l’exécution et l’absence de relogement sont vécues comme un traumatisme. « Nous voulons savoir qui a donné l’ordre, qui a réquisitionné le génie militaire, qui a signé les documents d’expulsion », s’indigne un habitant, qui affirme que « tout pointe vers Ndong Sima et son équipe, car c’est lui qui a piloté le dossier dès le départ ».

Lionel Engonga, député de la transition, insiste : « Il est de notre devoir, en tant que parlementaires représentants du peuple, de garantir que la loi s’applique à tous, sans abus, ni privilèges, et de veiller à la protection des droits fondamentaux des populations », indique t-il. Il souligne également l’existence d’un contentieux en cours au Tribunal de Première Instance Judiciaire de Libreville, qui aurait dû, selon lui, suspendre toute opération d’expulsion.

Un dossier explosif, une opinion divisée

Au-delà des procédures administratives et judiciaires, la question de la responsabilité politique reste entière. Pour de nombreux Gabonais, Raymond Ndong Sima, en tant que chef du gouvernement au moment des principales décisions, porte une part essentielle du fardeau. « Il ne peut pas se dédouaner : il a présidé les réunions, il a donné les instructions, il doit assumer », tranche un membre de la société civile. Alors que la pression monte pour une enquête parlementaire et que les sinistrés réclament justice, le nom de Raymond Ndong Sima demeure, pour beaucoup, indissociable du drame de Plaine-Orety.

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