Gabon: chers Bacheliers, merci de devenir les Boucs-émissaires officiels de la République

Brice Clotaire Oligui Nguema, Président de la République, Chef du gouvernement en compagnie de Camélia Ntountoume Leclercq, Ministre d’Etat en charge de l’Education Nationale © DR

Libreville, le 17 Juillet 2025 – (Dépêches 241). L’annonce de la suspension à venir des bourses pour les étudiants des Etats-Unis, du Canada et de la France par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema nourrit un débat vif au sein de l’ opinion. Une opinion majoritairement courroucée par cette annonce du nouveau régime dont elle accuse le gouvernement de vouloir faire les poches à la jeunesse en lieu et place du train de vie dispendieux de l’Etat. 

Gabonais et Gabonaises, auriez-vous cru que le salut budgétaire de la patrie reposerait un jour sur quelques jeunes diplômés rêvant d’Amérique, de poutines ou de baguettes ? Voilà pourtant nos nouveaux bacheliers propulsés au rang de coupables idéaux, punis pour les vols sans retour de leurs aînés. L’État, tel un parent dépassé par la fratrie, a décidé de tout interdire à tout le monde, faute de savoir recadrer quelques têtes brûlées.

Mais n’allez pas imaginer qu’on choisit la facilité ou la paresse institutionnelle. Non, le chef a pris ses précautions : il brandit fièrement les contrats bafoués, comme s’il s’excusait presque de confisquer la tirelire collective. Ça alors, un président qui avoue l’impuissance administrative, c’est rafraîchissant ! Il fallait donc proclamer au monde entier – aux bacheliers et aux baobabs : « Ici, la loi se contourne sans même la réécrire, car l’urgence l’exige et la morale l’absout ! »

On invoque alors le prix exorbitant des études à l’étranger – plus cher, c’est vrai, qu’un ministère roulant carrosse sur nos routes défoncées. Des billets d’avion trop chers ? Peut-être, mais pas autant que la corruption quotidienne, l’exercice physique national, ou le mode de vie pléthorique des nouveaux dignitaires. On pourrait presque en rire, si le rire n’était pas déjà indexé à la bourse du pétrole.

Que conclure ? Si apprendre coûte cher, alors oui, « osons l’ignorance » ! De toute façon, il suffit d’ouvrir Facebook ou TikTok pour devenir expert en tout, n’est-ce pas ? Voilà un avenir radieux qui s’ouvre à nous, où l’on like, partage et commente au rythme de la débrouille. Pendant que le pays se serre la ceinture, espérons seulement que la bêtise ne devienne jamais subventionnée. 

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