
Libreville, le 18 Juillet 2025 – (Dépêches 241). La tension monte dans les couloirs du pouvoir. Alors que le calendrier électoral gabonais fait l’objet de toutes les attentions, une question brûle les lèvres et trouble l’opinion: le Ministre de l’Intérieur, Hermann Immongault, peut-il s’arroger le droit de modifier les dates gravées dans le marbre… par décret présidentiel ?
Posons d’abord une évidence juridique. En République gabonaise, les dates du calendrier électoral sont fixées par décret présidentiel, acte réglementaire du plus haut niveau, signé par le Chef de l’État, seul habilité à sceller le sort des grandes échéances nationales. Le Ministre de l’Intérieur, fût-il garant de l’organisation pratique des scrutins, n’a ni la prérogative constitutionnelle ni la légitimité politique d’y toucher d’un simple revers de main. Seul le président de la République peut le faire. C’est le principe du parallélisme des formes.
Alors que le décret N°0290/PR/MISD du 7 juillet fixant les date et les modalités de dépôts de candidature pour l’élection législatives et locales de l’année 2025 avait clairement indiqué les dates des 17 et 23 juillet, le ministre de l’Intérieur, Hermann Immongault, a fait une déclaration le vendredi 11 juillet, indiquant que les dates préalablement fixées ont été reportées. Les dépôts de candidature devront désormais avoir lieu du 27 juillet au 7 août 2025.
La mécanique institutionnelle est claire: modifier un décret présidentiel relève du Président de la République, non d’un Ministre, aussi central soit-il. Tout ajustement du calendrier ou changement dans les grandes étapes du processus électoral suppose la prise d’un nouveau décret, signé au sommet et publié selon la procédure d’urgence lorsque la situation l’exige. Le Ministre de l’Intérieur n’applique qu’avec loyauté ce cadre intangible, se contentant, lorsqu’une loi le permet expressément, d’arrêter des mesures d’exécution (par exemple, l’organisation concrète de la révision des listes électorales ou la mise en place de commissions spécifiques).
Hermann Immongault lui-même, loin d’en faire un tabou, s’appuie régulièrement sur la loi et sur les décrets pris par le Président pour agir, en se gardant de toute interprétation aventureuse susceptible de déborder ses compétences. Sa ligne de conduite : « la loi doit demeurer la seule boussole de ses actions ». S’arroger le droit de modifier, sans nouveau décret présidentiel, le chronogramme des élections relèverait d’un véritable coup de force administratif, d’une violation flagrante des lois de la République.
Ainsi, sous l’ordre constitutionnel actuel, le Ministre de l’Intérieur ne peut légalement changer les dates fixées par décret présidentiel. Il applique, il exécute, mais il ne décide pas du tempo républicain. Tout changement officiel des dates électorales reste un privilège réservé au Président de la République, et à lui seul.







