
Libreville, le 22 juillet 2025 – (Dépêches ). C’est un peu l’hôpital qui se fout de la charité. Henri-Claude Oyima, ministre d’État à l’Économie, veut désormais faire entrer chaque franc public dans le circuit officiel. « Toutes les recettes doivent être reversées systématiquement et obligatoirement au Trésor national », a-t-il lancé à l’ouverture des conférences budgétaires 2026. Une déclaration forte, mais qui entre en collision frontale avec une page trouble de l’histoire administrative récente, dans laquelle son nom figure en filigrane.
Entre 2005 et 2018, selon la Cour des Comptes, la Direction Générale de la Documentation et de l’Immigration (DGDI) a logé des recettes publiques, passeports, visas, titres de séjour, dans un compte bancaire ouvert à la BGFIBank, en violation de la loi. Ce compte parallèle, hors du Trésor, a permis le détournement d’au moins 52 milliards de FCFA, rien que pour l’année judiciaire 2017-2018. Une gestion occulte et illégale, passée sous silence.
Et qui dirigeait la BGFIBank durant cette période? Henri-Claude Oyima lui-même. Peut-on croire qu’un Président Directeur Général (PDG) de banque ne sache rien d’un compte hébergeant illégalement des recettes de l’État ? L’omission devient ici une forme de complicité passive. Aucun signalement, aucune dénonciation, aucun refus de domiciliation: la banque a abrité ces fonds dans une opacité totale… avec peut-être l’aval implicite de son patron.
Aujourd’hui, Oyima se pose en garant du sérieux budgétaire. Il veut un budget 2026 aligné sur les objectifs du développement durable, adossé à une traçabilité parfaite. Mais peut-on exiger de la transparence sans d’abord répondre à une question simple : pourquoi avoir toléré l’inverse pendant plus d’une décennie à la BGFIBank ? La moralisation des finances publiques commence par la cohérence. Le peuple gabonais n’a pas oublié les années d’ombre. Et pour que l’exigence de rigueur soit crédible, elle doit d’abord s’appliquer à ceux qui ont, à un moment donné, rendu possible le contournement du Trésor. À commencer par Henri-Claude Oyima.








il y ai un début et une fin en toutes choses.
pour quoi ne pas soutenir des initiatives louable et qui viennent corriger les dérives du passé, au lieu de se lamenter sur les dérives passé qui tendent à nous maintenir sur du surplace.
je ne comprends pas le rôle que joue nos médias ?
je pense qu’il faut revoir ces médias qui manque d’analyses pertinence et qui opactent les actes républicains louable, en se mouvant dans le culte de la personnalité.