
Libreville, le 24 Juillet 2025 -(Dépêches 241). Le Fonds Gabonais d’Investissements Stratégiques (FGIS) est présenté comme le bras armé économique du Gabon, chargé de diversifier un pays encore largement dépendant du pétrole. Alimenté à hauteur de 10% des revenus pétroliers via le Fonds Souverain de la République Gabonaise (FSRG), il gère aujourd’hui près de 2 milliards de dollars d’actifs dans des secteurs aussi stratégiques que les infrastructures, le tourisme, ou encore le soutien aux PME. Pourtant, derrière ce portefeuille impressionnant se cache une réalité bien moins reluisante.
En 2023, le FGIS n’a enregistré qu’un maigre résultat net comptable de… 58 millions de FCFA. Un chiffre dérisoire comparé aux milliards qu’il gère, et qui laisse perplexe quant à la rentabilité réelle de cette institution pourtant présentée comme un moteur de développement. Certes, certaines filiales, comme la société de réassurance SCG-Ré, ont réalisé des chiffres d’affaires conséquents, mais au niveau consolidé, la performance globale reste très décevante.
Ce paradoxe soulève plusieurs interrogations sur la gouvernance et l’efficacité de la gestion du fonds. Comment expliquer qu’un portefeuille aussi important n’engendre que des profits si faibles ? Le FGIS semble s’essouffler dans des investissements peu rentables, ou dans des secteurs où la valeur ajoutée économique ne se traduit pas en résultats financiers significatifs. Cette situation interroge sur la stratégie d’investissement et sur le contrôle des dépenses.
Au-delà de la simple question comptable, c’est tout un modèle économique qui est remis en cause. Un fond souverain est censé être un levier puissant pour financer la diversification et la transformation économique du pays. Lorsque les résultats sont aussi faibles, c’est la capacité même du Gabon à financer son développement par ses propres moyens qui est compromise. Le risque ? Que le FGIS ne devienne qu’une coquille vide, consommant des ressources sans produire d’effets tangibles.
Il est urgent que les autorités gabonaises se penchent sérieusement sur le fonctionnement du FGIS. Revoir sa gouvernance, renforcer la transparence, imposer des indicateurs de performance rigoureux, et surtout, élaborer une stratégie d’investissement claire et ambitieuse sont indispensables. Sans cela, ce fonds souverain restera un poids mort pour l’économie gabonaise, loin de la promesse d’indépendance économique qu’il incarne.







