
Libreville, le 26 Juillet 2026 -(Dépêches 241). Dans une récente interview accordée au journal L’Aube, Harold Leckat, directeur de publication du média en ligne Gabon Media Time, est revenu sur le rôle central que joue la presse dans la construction d’une société moderne, apaisée et démocratique. À travers un propos dense et sans concession, le journaliste met en lumière les responsabilités éthiques et politiques de la presse dans un État de droit.
Dès l’entame de l’entretien, Harold Leckat élude la réponse formelle à la question posée, il s’en saisit pour affirmer et donner des précisions sur le principe au fondement même d’un état ou d’une société moderne aspirant à la paix: la vérité comme socle de toute société stable. Selon lui, la presse n’a pas vocation à se conformer au récit officiel, souvent hésitant ou biaisé, mais à porter un regard critique, autonome et rigoureux sur les faits. Il précise à ce sujet : « Une société moderne et apaisée repose d’abord sur un socle de vérité. Et la presse est ce maillon critique qui interroge, éclaire, alerte. Là où la parole officielle peut hésiter ou se censurer, la presse a le devoir de dire la vérité. Sans presse libre, il n’y a pas d’État démocratique responsable. Sans information indépendante, il n’y a pas de citoyenneté éclairée » , a-t-il d’abord fait savoir.
En rupture avec les conceptions instrumentalisées du « quatrième pouvoir », le journaliste récuse toute idée selon laquelle la presse devrait chercher à plaire ou à se mettre au service de quelque pouvoir que ce soit. Sa mission, rappelle-t-il, est d’informer avec rigueur, quitte à déplaire. C’est justement dans cette posture de veille et d’impartialité que réside sa force et sa légitimité. Ce d’autant que pour lui « La presse ne cherche pas à plaire : elle cherche à rendre compte. Et c’est précisément ce rôle qui dérange certaines personnalités investies de l’autorité publique. Mais c’est aussi ce rôle qui garantit la paix civile dans tous les pays qui se veulent démocratique. La vivacité d’une démocratie se mesure à la vivacité de sa presse. Une presse libre permet de disposer d’une information fiable, produite par des journalistes jouissant d’une réelle liberté d’opinion », affirme-t-il.
Monsieur Leckat insiste également sur les fonctions multiples de la presse dans un État de droit : informer, éduquer, éveiller les consciences et nourrir le débat public. Elle est le vecteur par lequel le citoyen accède aux politiques publiques, aux critiques, aux comparaisons et aux alternatives. En cela, elle contribue à l’exercice éclairé de la citoyenneté. Il estime dans ces conditions que « Grâce à elle, chaque citoyen peut prendre connaissance des politiques menées, les juger, les comparer à celles d’autres pays, et découvrir les propositions alternatives des opposants. C’est ainsi que se construit un débat public éclairé », souligne-t-il.
Harold Leckat clôt son propos en rappelant que la démocratie repose sur quatre piliers : la participation citoyenne, la liberté d’expression, l’égalité devant la loi et le respect des droits fondamentaux. Pour lui, la presse en est l’incarnation vivante et active. « Rappelons que toute démocratie digne de ce nom repose sur quatre piliers fondamentaux : la participation citoyenne, la liberté d’expression, l’égalité devant la loi, et le respect des droits fondamentaux. La presse, en réalité, est le miroir vivant de ces quatre principes. La marginaliser ou l’étouffer, c’est affaiblir la démocratie elle-même », conclut-il.
Un rappel salutaire, à l’heure où la liberté de la presse reste une conquête fragile dans de nombreuses sociétés, et particulièrement au Gabon.







