Gabon: Un an après la nationalisation, l’opacité reste la marque de fabrique d’Assala Gabon

Edgar Mba Ognane, Directeur général d’Assala Gabon présente toujours ce rachat comme une avancée souverainiste nonobstant les zones d’ombres qui gravitent atour du projet ©Montage Dépêches 241

Libreville, le 30 Juillet 2025 – (Dépêches 241). Un an après le rachat des actifs d’Assala Energy par l’État gabonais, via la Gabon Oil Company (GOC), la promesse d’une ère nouvelle dans la gouvernance pétrolière peine à convaincre. Edgar Mba Ognane affirme pourtant chez nos confrères de L’Union que « la production quotidienne se situe désormais un peu au-dessus des 50 000 barils » soit « près d’un quart du pétrole gabonais », et que « la trésorerie demeure robuste ». Mais à ce jour, aucune publication officielle ne vient corroborer ces affirmations : ni rapport d’audit, ni bilan certifié, ni détails sur les flux de trésorerie. L’acte de nationalisation, censé être un tournant historique, reste frappé du sceau de l’opacité.

Edgar Mba Ognane, Directeur général d’Assala Gabon présente ce rachat comme une avancée souverainiste. « Jamais le Gabon n’avait contrôlé directement un volume de production pétrolière aussi significatif. ». Pourtant, ce transfert d’actifs s’est fait en dehors de tout processus transparent : le deal initial avec Tullow Oil a été abandonné sans explication, puis remplacé par une acquisition en direct via la GOC, sans appel d’offres ni débat public. À ce jour, aucun détail n’a filtré sur le prix, les engagements annexes ou les modalités de transfert.

Edgar Mba Ognane défend aussi la persistance du bureau londonien, expliquant qu’il demeure « un pilier de nos opérations », permettant « l’accès aux talents mondiaux et aux marchés de capitaux ». Cette structure parallèle, bien que qualifiée de plateforme d’expertise, renforce un sentiment d’ambiguïté. Si les décisions se prennent encore en partie à Londres, que reste-t-il de l’ambition nationale affichée ?

Le DG affirme par ailleurs avoir instauré un climat social stable, grâce à « des rencontres mensuelles avec les délégués du personnel ». Il insiste aussi sur la montée en puissance des cadres gabonais, déclarant : « Aujourd’hui, c’est l’inverse » de l’époque où les postes clés étaient occupés par des expatriés. Mais ces affirmations gagneraient en crédibilité si elles étaient accompagnées d’un reporting clair, de publications accessibles ou d’audits indépendants.

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