
Libreville, le 30 Juillet 2025 – (Dépêches 241). Dans la grande comédie du transport urbain made in Libreville, rien n’est jamais simple, surtout pas la distribution des rôles. Ici, la mairie s’improvise ministre, le ministère se rêve maire, et les chauffeurs de taxi regardent, perplexes, les feux tricolores de l’État clignoter dans toutes les directions. L’ironie ? Personne ne sait vraiment qui tient le volant… mais tout le monde exige le paiement de la course.
À la mairie, on brandit l’article 48 de la loi organique comme un ticket de bus gagnant, affirmant haut et fort que la gestion des transports urbains relève du pouvoir municipal. Le ministère, pas en reste, sort sa propre playlist législative façon DJ, avec la loi de 2018 et les textes réglementaires savamment remixés façon dance floor administratif.
Sur les parkings chauffés à blanc, Eugénie Maramba, digne présidente syndicale, s’indigne en direct live devant un cortège de caméras : « Usurpation ! Coup d’État municipal ! ». Pendant ce temps, le président Oligui Nguema compte les dérapages contrôlés, regardant son agenda fondre à vue d’œil entre les menaces de grève, l’argent des abonnements annuels, et la pénurie de taxis, résultat d’une opération d’arraisonnement menée tambour battant par les autorités locales.
Dans cette valse des compétences, on invente même des « décisions non écrites » pour suspendre les prérogatives d’un ministère. La démocratie, version route cabossée : aucun panneau, beaucoup de virages, et au moindre rond-point, c’est la priorité au plus bruyant – ou à celui qui a le gendarme dans le coffre.
Mais que dire du sort des opérateurs économiques, coincés entre la police municipale, des menaces à la sortie des gares routières et des arrêtés qu’on réécrit chaque matin avant le petit-déjeuner ? Appelons ça le safari administratif : seule espèce protégée, le chaos réglementaire.
À force de s’arracher la roue du pouvoir, le plus grand danger n’est même plus le retard chronique des bus SOGATRA ou la disparition mystérieuse des tickets. Non, ce qui guette, c’est une authentique collision politique sur la place publique. Car à force de jouer au jeu du Pouvoir Musical, c’est toujours le citoyen qui reste debout, sans siège ni transport pour rentrer. Libreville, capitale du « Transport, mensonge et vidéosurveillance » : à quand une application pour suivre le prochain conflit de compétence en temps réel ?







