
Libreville, le 2 août 2025 – (Dépêches 241). Après les élections présidentielles d’avril 2025, la Vᵉ République gabonaise se prépare à son deuxième rendez-vous électoral majeur : les législatives et les élections locales prévues les 27 septembre et 7 octobre. Le 27 juillet dernier, le ministère de l’Intérieur a officiellement ouvert la période de dépôt des candidatures. Réunis en comité le 31 juillet 2025, Stéphane Germain Iloko Boussengui, Thierry Yvon Michel N’Goma, Joseph Lapensée Essingone et Axel Stéphane Ibinga Ibinga ont tenu une conférence de presse à Akanda afin d’exprimer leurs préoccupations quant à la situation politique du pays et d’interpeller le président Brice Clotaire Oligui Nguema sur certaines irrégularités constatées dans l’organisation du scrutin.
Conformément au calendrier électoral fixé par le Ministère de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation, le dépôt des candidatures pour les élections législatives et locales a débuté le dimanche 27 juillet. Le Ministère a également publié la liste des pièces requises pour chaque dossier. Les candidats ont jusqu’au 7 août 2025 pour soumettre leur candidature.
Dans ce contexte, Joseph Lapensée Essingone, Stéphane Germain Iloko Boussengui, Thierry Yvon Michel N’goma et Axel Stophène Ibinga Ibinga, tous anciens candidats à la présidentielle d’avril 2025, ont tenu une conférence de presse le 31 juillet à Libreville. Cette rencontre inédite est « l’occasion de dialoguer sans détour sur les enjeux institutionnels, politiques et démocratiques qui interpellent notre pays. Elle nous permettra également de porter un regard lucide et constructif sur l’avenir de notre démocratie, trois mois après l’installation du nouveau pouvoir exécutif », a déclaré Stéphane Germain Iloko Boussengui sur ses réseaux sociaux.
Les quatre anciens candidats se sont penchés sur le système législatif actuel, mettant en évidence plusieurs irrégularités. Ils ne se sont pas limités à pointer du doigt ces failles, mais ont également proposé des pistes concrètes pour y remédier.
Les principaux griefs exprimés
Les quatre conférenciers ont souligné plusieurs obstacles au bon déroulement du processus électoral. Ils dénoncent notamment la présence, au sein des organes de l’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB), le parti d’Oligui Nguema, de magistrats encore en fonction, situation qu’ils jugent contraire à la Constitution. Ils estiment que le nouveau découpage des circonscriptions électorales est arbitraire, favorisant certaines zones proches du pouvoir au détriment d’autres, pourtant plus densément peuplées.
Ils pointent la faible représentation des diasporas, malgré leur réintégration dans le corps électoral, et accusent le pouvoir d’écarter systématiquement l’opposition des instances de préparation du scrutin, en contradiction avec les garanties constitutionnelles. Enfin, ils considèrent que les délais imposés pour le dépôt des candidatures, particulièrement dans certaines circonscriptions, sont trop courts et risquent d’exclure plusieurs candidats potentiels.
Les Propositions directement adressées au président Oligui Nguema
Les quatre opposants ont élaboré un ensemble de recommandations destinées à améliorer la transparence et l’équité du processus électoral. Ils ont adressé cinq recommandations au président récemment élu, Oligui Nguema. Ils demandent tout d’abord le retrait des magistrats administratifs des commissions électorales locales, afin de prévenir tout conflit d’intérêt et d’assurer une meilleure impartialité. Ils appellent à l’intervention des institutions judiciaires compétentes pour garantir que le déroulement des élections se fasse dans le strict respect des règles et sans influence indue.
Soucieux d’une représentation politique équilibrée, ils insistent sur l’importance d’inclure toutes les sensibilités politiques, qu’elles fassent partie de la majorité ou de l’opposition, dans l’organisation du scrutin. Ils suggèrent l’organisation d’une concertation nationale, destinée à instaurer un dialogue constructif entre majorité et opposition, afin de favoriser un climat de confiance et de collaboration autour des enjeux électoraux.
Enfin, ils proposent un réaménagement du calendrier électoral, en particulier en prorogeant la date limite de dépôt des candidatures jusqu’au 25 août, ce qui permettrait une meilleure préparation des candidats.







