Élections législatives et locales 2025: plusieurs candidatures des PDGistes investis par l’UDB bientôt invalidées ?

Mays Mouissi le Secrétaire de l’UDB rappelé à l’ordre par le PDG

Libreville, le 9 août 2025-(Dépêches 241). À mesure que les élections législatives et locales approchent, le ton monte entre le Parti Démocratique Gabonais (PDG) et l’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB). Dans un courrier adressé au Secrétaire Général de l’UDB, Mays Mouissi, le PDG dénonce l’ illégalité de plusieurs candidatures issues de ses propres rangs et désormais investies par le Parti présidentiel. Une manœuvre qui, selon le PDG, viole ouvertement le code électoral et pourrait se solder par une série de contentieux qui viendront ruiner les « excellentes relations Politiques et Fraternelles » qui semblent unir les deux Partis.

Sans détour, le PDG accuse noir sur blanc l’UDB d’avoir adoubé d’anciens militants encore liés au Parti par des engagements officiels. Au cœur du débat : le fameux « Quitus à effet libératoire d’activité », véritable passeport de sortie, sans lequel aucune démission n’est reconnue. Or, nombre de ces nouveaux candidats n’auraient jamais obtenu ce document, certains n’ayant même pas formalisé leur départ. Résultat : ils sont techniquement toujours membres du PDG… et donc en infraction.

L’arme juridique est toute trouvée. L’article 82 de la Loi organique 001/2025 stipule qu’ « aucun membre d’un Parti ne peut être investi par une autre formation s’il n’a pas démissionné au moins quatre mois avant le scrutin ». La sanction est lourde : annulation pure et simple de l’élection. Autrement dit, si le PDG porte plainte, certains candidats UDB pourraient voir leur victoire confisquée, même après les urnes.

Derrière la façade polie du courrier, l’objectif stratégique est clair: freiner l’offensive de l’UDB, qui recrute à tour de bras dans les rangs du PDG pour asseoir sa présence territoriale. Sans nul doute, cette stratégie d’absorption, bien rodée, pourrait permettre au jeune Parti présidentiel de grignoter rapidement des bastions historiques du PDG. Mais l’avertissement lancé semble être une sérieuse mise en garde: jouez selon les règles, ou nous vous ferons tomber juridiquement. Qui l’eût cru, pour un Parti politique qui a longtemps foulé la loi au pied ? 

Ce bras de fer, si on peut l’appeler ainsi, révèle aussi la fébrilité d’un PDG en pleine recomposition depuis qu’il a  perdu le  pouvoir. En brandissant la menace judiciaire, l’ancienne formation politique au pouvoir au Gabon montre qu’elle entend verrouiller ses effectifs, mais aussi envoyer un signal aux autres Partis: débaucher un PDGiste, oui, mais seulement si la procédure est irréprochable. Il s’agit clairement d’une bataille pour la maîtrise des flux de transfuges qui se joue.

Ainsi, si l’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB) choisit de maintenir ses candidats en l’état, elle s’expose à un contentieux post-électoral qui pourrait fragiliser sa crédibilité.  Cependant, reculer reviendrait à admettre une erreur stratégique et perdre des figures censées booster sa campagne. Dans tous les cas, le PDG a déjà marqué un point : il oblige son rival à se battre sur le terrain légal avant même d’affronter les urnes.

De fait , loin d’être un simple rappel au règlement, ce courrier s’apparente à une arme politique redoutable. Le PDG s’en sert pour miner le moral de l’adversaire, fragiliser ses troupes et tester sa capacité à naviguer dans les arcanes de la loi électorale. Le message est limpide : la bataille de 2025 ne se jouera pas seulement dans les urnes, mais aussi dans les couloirs feutrés des commissions électorales et des tribunaux.

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