
Libreville, le 20 août 2025 – (Dépêches 241). On aurait cru les pratiques du régime avilissant Bongo-PDG révolues en cette Ve République Gabonaise. Il n’en est malheureusement rien. Modifications insidieuses de texte de loi, triturations et violations des procédures électorales sont toujours autant présentes. La dernière en date: la publication par le Ministère de l’Intérieur de la liste officielle des candidatures retenues pour les élections législatives du 27 septembre prochain, un jour après la date butoir prévue pour les recours. Des méthodes qui rappellent tristement les heures sombres du système Bongo-PDG, supposément tombé le 30 août 2023.
Comme le régime d’Ali Bongo Ondimba, celui d’Oligui Nguema tend à se signaler par des pratiques qui assènent de façon permanente des coups aux maigres acquis démocratiques hérités de la conférence nationale de 1990 et des accords de Paris de 1994. Avec la même constance, les deux régimes ont tendance à rudoyer les processus électoraux et fausser ainsi le jeu démocratique à chaque échéance dans le seul but de consolider leur pouvoir politique.
Dans le cadre des futures élections législatives et locales de septembre prochain, le Ministère de l’Intérieur a pourtant arrêté un calendrier limpide. Mais, dans les faits, continuent d’allier filouterie, finasserie, duplicité et violation du processus électoral dans son ensemble. La dernière en date : la publication de la liste officielle des candidatures retenues pour les prochaines joutes électorales ce 20 août 2025, soit un jour après la date butoir prévue pour les recours, empêchant désormais toute réaction devant la Cour Constitutionnelle et les tribunaux administratifs des candidats qui pourraient être lésés.

Dans le calendrier rendu public par le Ministère de l’Intérieur sur sa page officielle le 5 août dernier, la période allant du 17 au 19 août a été retenue comme celle devant servir aux « recours auprès de la Cour Constitutionnelle et des tribunaux administratifs », a-t-on pu lire. Or, ce n’est que ce mercredi 20 août que Hermann Immongault a dévoilé la liste des candidats retenus avec son lot d’erreurs. D’aucuns ont donc découvert des omissions dans leurs communes et départements mais se heurtent aujourd’hui à l’incohérence d’un calendrier dont la période de recours est désormais passée. Omission, incompétence ou simple volonté de fausser le jeu démocratique et le processus électoral ? La question reste entière.
Cette démarche, que de nombreux acteurs politiques et de la société civile qualifient déjà de « banditisme d’État » soulève une série de questions. Pourquoi publier la liste des candidatures retenues un jour après la date butoir fixée pour d’éventuels recours ? Comment arrêter au 17 août 2025, jour férié, qui plus est marquant les festivités de l’accession du Gabon à l’indépendance, le début des recours ? Est-il possible de contester une décision dont la teneur n’est pas encore dévoilée ?
Pour de nombreux observateurs de la vie politique gabonaise, ces méthodes sont similaires à celles décriées sous le régime d’Ali Bongo Ondimba et ne participent que d’une seule chose: prendre de cours les adversaires politiques et fausser le jeu électoral avant même le début du scrutin.







