Gabon: Bilie By Nze souligne une unième fois les incohérences du nouveau régime 

Alain-Claude Bilie By Nze, Président d’Ensemble pour le Gabon (EPG) © DR

Libreville, le 22 août 2025 – (Dépêches 241). Le 19 août dernier, le président d’Ensemble pour le Gabon (EPG), Alain-Claude Bilie By Nze, a tenu une conférence de presse à Libreville. Alors que l’actualité politique nationale est dominée par les élections législatives et locales de septembre prochain, celui qui est arrivé deuxième aux élections présidentielles d’avril dernier a choisi de concentrer son discours sur l’orientation politique du chef de l’État. Alain-Claude Bilie By Nze est revenu longuement sur l’allocution présidentielle prononcée à l’occasion de la fête de l’indépendance. Il en a souligné des insuffisances et des incohérences et a avancé des propositions alternatives. Cette conférence de presse donnée par Alain-Claude Bilie-By-Nze illustre une volonté claire : se positionner comme la principale figure d’opposition à Brice Clotaire Oligui Nguema.

Le paysage de l’opposition actuel se caractérise par une absence de véritable leadership. Oligui Nguema a su, dès son arrivée, intégrer ou marginaliser les principales forces issues de l’opposition d’antan. Le Parti démocratique gabonais (PDG), qui aurait pu jouer un rôle de pôle de résistance, est neutralisé par ses propres divisions. Divisé en deux factions rivales, le PDG n’a aucun poids dans l’opposition. La faction du PDG  dirigé  par Blaise Louembe est pro oligui. Celle dirigée par Ali Akbar Onanga Y’obegue , si elle existe encore, n’a qu’une poignée de partisans. 

« J’ai servi le père, j’ai servi le fils, c’est suffisant, je ne vais pas servir l’aide de camp », déclarait Alain-Claude Bilie-By-Nze lors d’une interview en janvier 2025. Ancienne figure majeure du régime Bongo-PDG, il s’affirme aujourd’hui comme le principal opposant au pouvoir actuel. Arrivé deuxième à l’élection présidentielle, Bilie By Nze conteste systématiquement devant les juridictions compétentes toute décision qu’il estime illégale : il a refusé de présenter ses comptes de campagne à la Cour des comptes et a remis en cause la date limite fixée pour le dépôt des candidatures aux législatives et locales.

La fin de la géopolitique, une déclaration incohérente avec les pratiques observées sur le terrain

Dans son discours à la nation du 16 août dernier, le président de la République a annoncé vouloir mettre fin aux nominations basées selon les critères géopolitiques, une règle instaurée et maintenue par ses prédécesseurs. Pour Bilie By Nze, il y’a une incohérence entre la déclaration de Oligui Nguéma et ses actions. Les nominations basées sur l’origine géographique, notamment des Délégués spéciaux et des généraux à la tête de certaines villes, contredisent le principe annoncé de fin de la géopolitique. « Si l’heure est vraiment à la fin de la géopolitique, il aurait fallu montrer l’exemple en investissant par exemple à Bitam une tête de liste originaire de Franceville pour la mairie de Bitam » a-il lancé. 

Si Oligui Nguema justifie cette décision par une préférence à la compétence plutôt qu’à l’origine etnique, Bilie By Nze, lui, trouve très surprenant d’opposer géopolitique et compétences. « Est-ce à dire que ceux qui ont été nommés sur la base de la géopolitique n’étaient pas ou ne sont pas compétents ? » a-t-il questionné. Loin d’être un un partisan de la géopolitique comme il a si bien précisé, Bilie By Nze a dénoncé les discours populistes et démagogiques alors que certains changements doivent s’opérer dans la concertation et dans l’implication de toutes les parties prenantes. 

Pour Bilie By Nze , la fin de la géopolitique est  « une condamnation posthume d’Omar Bongo Ondimba dont une grande partie du lègue politique se trouve ainsi jetée aux orties par quelqu’un qui revendique être son fils spirituel », a-t-il asséné. 

 « La trajectoire des finances publiques manque de lisibilité et de prévisibilité »

Bilie By Nze a ensuite ciblé les déclarations de Brice Clotaire Oligui Nguema au sujet de l’économie du pays. Oligui Nguema nous a servi  « un fumeux plan » a déclaré l’opposant. Pour Bilie By Nze, l’objectif économique d’atteindre 10% de taux de croissance, sans en fixer ni le cap, ni l’horizon, ni les mécanismes est illusoire. « Comment et par quel miracle va-t-on passer de 2,5% de croissance aujourd’hui à 10% de taux de croissance lorsque les capacités d’investissement de l’Etat sont plombées par une dette publique dont le poids est de plus en plus important », s’est-il interrogé.  

Concernant les contrats et les investisseurs internationaux, pour Bilie By Nze, il est impossible d’attirer des investisseurs dans un pays où plus de 95 % des marchés publics sont attribués de gré à gré, en violation de la loi et en mépris des principes de gouvernance et d’éthique essentiels à la lutte contre la corruption. 

Ensuite, s’attaquant à Henri-Claude Oyima, ministre d’État en charge de l’Économie et des Finances, Bilie By Nze a souligné le conflit d’intérêts autour de sa fonction. « Comment attirer des investisseurs lorsque le ministre de l’économie  se trouve depuis 100 jours empêtré dans un conflit d’intérêts jamais vu nulle part ailleurs? Ministre de l’économie, PDG de BGFI, président du conseil d’administration de la BVMAC, et que, par ailleurs, il peut affirmer que le ministre n’est qu’un CDD, que fait-il encore au gouvernement ? », s’est-il interrogé.  

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