
Libreville, le 26 août 2025 – (Dépêches 241). Il est des moments dans la vie d’une nation où le simple énoncé des principes ne suffit plus. Quand la loi sur les Partis politiques est ouvertement bafouée, lorsque les dispositions du code électoral sont foulées aux pieds et le processus électoral, gage de la crédibilité des élections, volontairement faussé, ce n’est plus à la rhétorique que le peuple se réfère, mais à l’autorité de l’action juste.
La loi est l’expression suprême de la volonté générale. Dans une République digne de ce nom qui s’est fondée et créée depuis le 30 août 2023 sur le respect des principes républicains ainsi que sur la fin des convulsions politique et démocratiques du régime ancien, quand la loi est violée, ce ne sont pas de simples rappels qui restaurent l’ordre, mais des décisions courageuses et des sanctions claires prises au nom de l’équité, de la légalité et de la justice.
La répétition de violations sans réponse équivaut à une banalisation du désordre. Elle installe l’idée dangereuse que l’illégalité peut se maintenir, prospérer et s’imposer sans conséquence. Dans ce moment où l’exigence de rigueur et de cohérence est plus forte que jamais, le pays n’a pas besoin de discours rassurants comme sous l’ancien ordre, mais de décisions coercitives exemplaires, afin de rassurer les populations sur la sincérité de ses intentions.
Le Président de la République, garant de l’ordre constitutionnel, ne saurait se contenter d’énoncer des principes. Sa parole, pour être crédible, doit s’incarner dans des actes concrets. Sinon, elle court le risque de se vider de toute substance. Dépourvue d’effets tangibles, elle devient incantation sans impact, une formule creuse destinée à meubler le silence de l’inaction face aux dérives d’une commission qui contrevient grossièrement aux principes de démocratie et de l’Etat de droit.
La parole présidentielle, en tant que voix de l’État, n’a de valeur que lorsqu’elle est suivie d’actes cohérents, fermes et exemplaires. À défaut, elle perd sa puissance symbolique et s’expose au discrédit. Gouverner, ce n’est pas seulement énoncer des intentions : c’est sanctionner les dérives, garantir l’application équitable du droit et restaurer la confiance dans l’ordre républicain.
Dans cette Ve République qui se veut neuve, respectable et épamprée des maux d’antan, l’inaction face à la transgression équivaut à un renoncement. Et le renoncement, dans les circonstances actuelles, n’est plus une option. Il est temps que la parole publique soit réhabilitée par la force de la décision, car une autorité qui parle sans agir abdique sa légitimité devant l’histoire.







