PDG – UDB : une alliance contre-nature à l’encontre des intérêts du peuple gabonais ? 

Les Candidatures en tandem qui se sont faites dans plusieurs circonscriptions insupportent plusieurs compatriotes qui appellent à un boycott de ces candidats © Dépêches 241

Libreville, le 26 août 2025 – (Dépêches 241). Les liens incestueux entre le Parti Démocratique Gabonais (PDG) et l’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB), longtemps niés par les deux camps mais soupçonnés par l’opinion, se confirment à travers la publication des listes de candidatures retenues pour les élections législatives et locales de septembre prochain. Cette étape semble avoir mis à nu la connivence entre le Parti présidentiel et l’ancien Parti au pouvoir. Dans plusieurs circonscriptions, un mélange inédit de candidats issus des deux formations est observé. Le cas le plus révélateur vient du Haut-Ogooué où Brigitte Onkanowa, Ministre de la Défense et membre de l’UDB, est candidate titulaire, suppléée par Germain Loubangoye, cadre actif du PDG. Une anomalie à la fois politique, morale et institutionnelle que la CNOCER, pourtant garante de la conformité des dossiers, a laissée passer sans broncher.

Si une partie de l’opinion, restée candide, découvre avec stupeur cette duplicité, une autre, plus lucide, s’en trouve confortée. Pour cette frange avertie, il ne pouvait en être autrement, tant la Transition a recyclé les figures emblématiques du PDG, reconduites ou promues à des postes stratégiques. Sous couvert d’inclusion, les militaires, présentés comme les libérateurs du pays, ont orchestré une manipulation destinée à maintenir le PDG au centre du jeu politique. 

Désormais, la stratégie ne se cache plus. Faute de compromis sur certains sièges, des candidatures hybrides ont été volontairement imposées, en violation flagrante de la loi électorale notamment en son article 52. Cette manœuvre s’appuie sur l’ignorance d’une grande partie de la population, peu encouragée à lire et à s’informer, afin de la maintenir à l’écart des cercles de décision. Dans la Sébé-Brikolo, par exemple, la même combinaison UDB–PDG est validée au mépris du droit, preuve d’un simulacre électoral inédit dans l’histoire du pays. 

Cette forfaiture scelle définitivement la thèse d’une duplicité organisée: le PDG et l’UDB ne seraient que les deux faces d’une même pièce. Ce qui fut présenté comme un coup d’État, justifié par la violence et l’incapacité du régime déchu, apparaît dès lors dans l’opinion comme une mise en scène grossière destinée à perpétuer le système. On comprend mieux pourquoi, lors du Dialogue National Inclusif, les nouvelles autorités ont manifesté peu d’intérêt à la demande populaire visant à suspendre le PDG pendant trois ans. 

Pour beaucoup aujourd’hui, l’UDB n’est qu’une excroissance du PDG, née du même moule, nourrie à la même source et animée par la même logique. Les deux partis, se réclamant d’un système unique, ne poursuivent qu’un objectif : se maintenir au pouvoir au détriment du peuple. Leur alliance illustre la continuité d’une gouvernance fondée sur la manipulation et l’exclusion.

Plus grave encore, la nouvelle loi électorale, pourtant claire sur les conditions de recevabilité des candidatures, est bafouée par ceux-là mêmes qui l’ont proposée. Cette incohérence renforce l’idée que l’État de droit n’est qu’un slogan vide, destiné à masquer une réalité où le pouvoir se sert avant de servir le peuple. 

Dès lors, la complicité entre le PDG et l’UDB met en lumière la supercherie d’un régime qui se voulait pourtant rupture. En validant des candidatures illégales, la CNOCER consacre une alliance contre-nature qui trahit l’espoir populaire. Loin de représenter un renouveau démocratique, cette stratégie n’est qu’un recyclage du système ancien sous de nouveaux habits. Le peuple gabonais, une fois de plus, se retrouve face à la même machine politique, rebaptisée mais intacte, dont il demeure la principale victime. 

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