
Libreville, le 6 septembre 2025-(Dépêches 241). Nommé en septembre 2023 à la tête de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), Fabrice Andjoua Bongo Ondimba est aujourd’hui au cœur d’une tempête sociale. Comme le rapporte l’hebdomadaire La Cigale enchantée du 1er septembre: « agents en grève illimitée, rumeurs de résidence permanente à Dubaï et accusations d’absentéisme », notre confrère dresse le portrait d’un directeur général jugé indifférent aux réalités du pays.
La tension est vive au sein de la direction. Le frère cadet de l’ancien président, longtemps considéré comme intouchable, est désormais rattrapé par une contestation interne qui prend des allures de réquisitoire. Deux ans après sa nomination, il se retrouve en pleine tourmente, accusé de négliger les missions de son administration.
Selon ses détracteurs, Fabrice Andjoua Bongo Ondimba résiderait en permanence à Dubaï, laissant la DGCCRF fonctionner en pilotage automatique. À leurs yeux, il reproduit les pratiques d’un temps révolu, gérant les affaires de la direction à distance. Excédés, les agents regroupés au sein du Syndicat des agents de l’administration de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (SAACCRF) ont lancé une grève illimitée pour dénoncer une situation qu’ils jugent incompréhensible.
Pour eux, il est inconcevable qu’un haut responsable, fût-il le fils d’un ancien chef de l’État, puisse exercer une telle fonction tout en vivant à l’étranger. Leur colère contraste avec les promesses du général Brice Clotaire Oligui Nguema, chef de l’État, qui avait pourtant assuré vouloir rompre avec l’immobilisme et les privilèges indus de certains hauts commis.
Au-delà du cas personnel de Fabrice Andjoua Bongo Ondimba, cette affaire met en lumière un malaise plus profond : le dédain affiché par certaines élites vis-à-vis des institutions nationales. Elle illustre aussi la persistance de comportements longtemps dénoncés, mais rarement sanctionnés, même après le coup d’État du 30 août 2023 censé mettre fin à ce type de pratiques.
Les agents exigent désormais la démission de leur directeur général. Ils refusent de travailler sous l’autorité d’un responsable absent mais percevant des avantages jugés disproportionnés. Selon eux, ces dérives se répercutent directement sur les consommateurs, notamment à travers l’instabilité persistante des prix sur le marché.
Cette crise révèle également l’écart entre les discours officiels et la réalité des actes. Alors que les nouvelles autorités s’étaient engagées à instaurer rigueur et transparence, le maintien de telles pratiques alimente les doutes sur leur volonté réelle de rompre avec l’ancien système.
Le mouvement social place ainsi le ministre de l’Économie et des Finances, tutelle de la DGCCRF, face à ses responsabilités, et interpelle directement le chef de l’État. Pour les grévistes, il est temps que cesse une gouvernance marquée par les privilèges et l’absentéisme, qui fragilise non seulement leur administration mais aussi la crédibilité de tout l’appareil d’État.
De fait, l’affaire Fabrice Andjoua Bongo Ondimba ne se limite pas à une simple contestation syndicale. Elle cristallise les contradictions du régime actuel, pris entre un discours de rupture et une pratique qui, aux yeux de nombreux agents et citoyens, ressemble à s’y méprendre aux dérives du passé.








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