
Libreville, le 9 septembre 2025 – (Dépêches 241). Il y a quelques jours, le Parti Démocratique Gabonais (PDG), ancienne formation politique déchue du pouvoir en août 2023, avait introduit des recours dans le cadre des futures élections législatives et locales contre plusieurs candidatures de l’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB) jugées illégales, car en violation de plusieurs dispositions de la loi électorale. Aujourd’hui, de manière inexplicable, le Parti désormais dirigé par Blaise Louembe vient de procéder à un désistement d’instance, en abandonnant simplement leurs recours contre les candidatures potentiellement illégales de l’UDB. Toute chose qui laisserait désormais entrevoir un parlement et des conseils locaux dirigés par des personnes élues en toute illégalité.
La restauration des Institutions annoncée par le nouveau régime tarde toujours à être effective. Chaque jour, la Cinquième République Gabonaise offre son lot de violations, sans que cela ne semble émouvoir grand monde. La dernière curiosité politique et institutionnelle est venue récemment du Parti Démocratique Gabonais (PDG). L’ancienne formation politique au pouvoir avait introduit des recours pré électoraux pour faire invalider plusieurs candidatures du nouveau Parti présidentiel, jugées illégales conformément à l’article 82 du nouveau code électoral.
Seulement, le 4 septembre dernier, à la surprise générale, à travers un courrier, le PDG désormais dirigé par Blaise Louembe, abandonnait ses poursuites contre plusieurs candidats de l’UDB pourtant considérées illégales la veille, au regard des dispositions en vigueur en matière électorale. Que s’est-il donc passé ? Pourquoi le Parti fondé par feu Omar Bongo Ondimba a-t-il décidé de faire un désistement d’instance auprès de la Cour Constitutionnelle chez qui elle avait déjà introduit de nombreux recours ? Que cache cet abandon soudain du PDG, qui pourtant semblait bien décidé à en découdre avec le nouveau Parti présidentiel ? Autant de questions que les Gabonais se posent aujourd’hui.
Une décision aux conséquences politiques et Institutionnelles graves
Ce désistement d’instance du PDG vis-à-vis des recours introduits à la Cour Constitutionnelle contre les candidats du Parti Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB) pourrait comporter des conséquences importantes, et donner une photographie tronquée du paysage politique, en cette Cinquième République Gabonaise naissante.
Énoncé plus simplement, il est désormais fort à craindre d’avoir un futur parlement et des conseils locaux infestés et dirigés par des personnes dont les candidatures auraient mérité d’être invalidées, au regard des dispositions pertinentes du code électoral, notamment en son article 82 qui stipule que « Tout membre adhérent à un Parti politique légalement reconnu ne peut, sans démission préalable de celui-ci, dans un délai de quatre (4) mois au moins avant le scrutin, être investi par un autre parti politique ou se présenter comme candidat indépendant ou figurer sur une liste de candidats indépendants », précise le code électoral.
Au regard de la situation, la Cinquième République Gabonaise pourrait se retrouver avec des hommes et des femmes illégalement portés à la tête des nouvelles Institutions, pourtant censées avoir été restaurées.







