2e siège, 4e arrondissement de Libreville : pro de la fraude, l’UDB annonce Meyeket victorieux alors que les résultats n’ont pas été communiqués par Immongault

Lin Amable Aurélien Meyeket, Candidat UDB du 4e arrondissement, 2e siège de Libreville annoncé vainqueur prématurément par sa formation politique © DR

Libreville, le 29 septembre 2025 – (Dépêches 241). Les élections législatives et locales du 27 septembre dernier révèlent une évidence : PDG et UDB, à défaut d’être des jumeaux, partagent la même culture politique. L’épisode le plus parlant en est la déclaration de l’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB), qui a annoncé la victoire de son candidat, Lin Amable Aurélien Meyeket, au 4e arrondissement, 2e siège de Libreville, alors que le ministère de l’Intérieur, seule institution habilitée à le faire, ne s’est pas encore prononcé. Un comportement qui questionne la sincérité de ce parti à incarner un véritable changement dans la vie politique gabonaise.

À vouloir chasser le naturel, il revient toujours au galop. Les dirigeants de l’UDB semblent appliquer à la lettre cette logique, en reproduisant les pratiques décriées de l’ancien régime. Par une annonce précipitée et démagogique, non confirmée par les autorités compétentes, ils tentent d’influencer les résultats et de manipuler l’opinion publique. En duel avec la PDGiste Lucienne Ogouwalanga Awore, et alors que le résultats provisoires annoncent 2nd tour, le parti présidentiel s’est empressé par mesquinerie d’annoncer prématurément la victoire de leur poulain. « C’est avec une immense fierté que nous annonçons la large victoire de Lin Amable Aurélien Meyeket aux élections législatives dans le 4e arrondissement », a-t-on pu lire dans une infographie de l’UDB. Ce réflexe trahit la persistance d’une culture politique faite de tricherie et de raccourcis, héritée d’un système qui a longtemps prospéré sur la souffrance du peuple gabonais. 

Qu’on soit clair : il ne s’agit pas ici d’un procès d’intention, mais d’une simple lecture des actes posés par ce parti. D’autant qu’on ne peut pas se réclamer du changement et de la rupture, tout en reproduisant des comportements rétrogrades d’un autre temps. La loi est pourtant sans ambiguïté : « seul le ministère de l’Intérieur proclame les résultats provisoires, avant validation ou invalidation éventuelle par la Cour constitutionnelle ». Tout autre démarche, surtout lorsqu’elle émane d’acteurs politiques nostalgiques de leur passé dans le régime Bongo-PDG, relève d’une volonté de maintenir le pays dans ses vieilles habitudes d’opacité et de manipulation.

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Ce genre de dérive discrédite la Ve République, pourtant présentée comme une chance historique de redonner espoir au peuple et confiance dans les institutions. L’un de ses rôles devrait être de promouvoir la transparence, la justice électorale et la méritocratie comme fondements du nouvel ordre politique national. Mais lorsque des partis censés soutenir cet idéal s’érigent eux-mêmes en achoppement, cela revient à trahir les engagements affichés par le chef de l’État et à décevoir un peuple dont la seule exigence est le respect de son vote et la satisfaction de ses besoins élémentaires.

Dans ces conditions, les autorités doivent impérativement rappeler à l’ordre les auteurs de telles pratiques, qui ternissent l’image du pays et entretiennent une suspicion permanente autour des scrutins. Ce d’autant que la construction d’une véritable République est une tâche exigeante, qui ne saurait tolérer ces méthodes aussi infamantes. Dès lors, fermer les yeux sur ces dérives, c’est compromettre depuis son embryon la  crédibilité de la Ve République et condamner toute possibilité de rupture réelle avec l’ancien système.

Pour l’heure, seule la proclamation officielle du ministère de l’Intérieur fait foi concernant les résultats du 2e siège du 4e arrondissement de Libreville, qui se font toujours attendre. Tout autre déclaration, n’émanant pas de cette institution, relève de la fraude électorale et de la manipulation. Les Gabonais, qui aspirent à une démocratie véritable, ne doivent plus se laisser berner par des artifices qui trahissent l’impatience des acteurs politiques à s’accaparer un pouvoir qu’ils n’ont pas encore acquis. 

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